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 Sous la pluie de Junon. {Libre}

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Chibie


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MessageSujet: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Dim 25 Aoû - 11:37:21



Sous la pluie de Junon...


Chibie



La confusion se faisait de plus en plus grande au gré des jours, au gré des kilomètres parcourus. Plus les deux dragons s'enfonçaient dans les terres du continent et, plus le désastre auquel ils étaient confrontés, les plongeaient dans une mélancolie nostalgique et tragique. Chibie, la plus jeune du duo, désespérait profondément, sous la pluie noire qui s'abattait sur eux depuis une semaine maintenant. La jeune dragonne avait trouvé place sur le dos de son camarade, allongé sur son encolure, elle regardait les paysages dévastés, défiler devant ses yeux tristes. Elle se demandait dans combien de temps encore, pourrait-elle de nouveau redevenir elle-même. Elle avait tenté maintes fois les jours précédents, de retrouver son apparence originelle, ses grandes ailes noires, ses griffes acérées, et surtout, son souffle puissant, déchirant le ciel d'éclairs rouge comme la braise. Mais malheureusement, chaque tentative nourrissait un échec encore plus douloureux et fatiguant. Bientôt, ses forces l'abandonnaient, elle avait dû se faire une raison, et patienter encore un peu. Il était peut-être trop tôt pour tenter de récupérer sa force, jadis inépuisable et grandiose. Chibie s'était donc résignée malgré elle, à devoir assumer sa faiblesse, seul son récent protecteur pouvait lui assurer un voyage tranquille et rapide. Le puissant dragon pourpre avait choisi de longer les côtes, pour arriver plus facilement à son but, la route était tracée et droite, mais les intempéries l'empêchaient de conquérir les ciels et les mers. De plus, la fatigue du récent combat contre Jenova avait laissé des séquelles, pas tout à fait guéries.

La lutte pour la liberté avait été rude, surtout lorsque l'état second d'un réveil forcé, après des milliers d'années de coma, pesait sur l’esprit et le corps. Mais les deux rescapés, revenu d'un autre temps, avaient tout de même réussi à s'échapper. Mais pour trouver quoi, les deux dragons auraient bien préféré être morts, plutôt que de trouver un monde gris et désert. Chibie pleura des jours durant, demandant où se trouvaient les fleurs, les forêts, les natifs, les vestiges de leur génération, les grandes cités Cétras... Tout cela avait disparu. Tout cela n'était plus qu'un lointain souvenir. À la place de ce monde verdoyant et coloré, se trouvait désormais un monde chaotique, rongé par la poussière des déserts infinis. La planète était désormais muette et triste, profondément blessée par ce qu'elle avait dû subir au fur et à mesure de l'évolution des hommes. Les deux créatures mythiques étaient littéralement perdues c'était le cas de le dire. Ils étaient seuls, plus aucunes voix n'étaient là pour les guider, abandonnés dans ce monde hostile, ils étaient livrés à eux-mêmes. Leï'Daen avait trouvé juste l'idée d'aller se recueillir dans ce qui était l'ancienne capitale de leur monde, la grande et puissante citée des Cétras, qui se nommait aujourd'hui la Cité Oubliée. Il pensait que là-bas, peut-être la voix des anciens raisonnerait dans leurs esprits, afin de les conseiller.

Cela faisait maintenant des jours et des jours qu'ils étaient en route, que Leï'Daen accumulait les kilomètres sans jamais s'arrêter. La fatigue commençait à se faire sentir, les Dragons étaient faits pour voler, non pour ramper près du sol, tel de vulgaires reptiles comme on pouvait en voir aujourd'hui. Mais le temps ne permettait pas à Leï'Daen de braver les tempêtes, c'était dangereux, de plus, il transportait sa jeune protégée sur son dos. Il ne pouvait pas risquer d'avoir un accident. Celle-ci se laissait embarquer au gré des mouvements de la puissante musculature, balançant de droite à gauche. Elle regardait vers l'horizon, grise et morose, d'un air béant néanmoins, comme si le néant lui faisait face. Son visage pâle était sans expression, vide de toute émotion. Ses petits yeux rouges avaient du mal à rester éveillés, c'était une lutte continuelle, comme si elle cherchait elle-même à se prouver quelque chose.

« Leï'Daen... Quand est-ce qu'on arrive ? J'ai faim Leï'Daen, j'ai soif... J'ai froid, j'ai froid Leï'Daen. »

Avait-elle finit par dire, dans un murmure essoufflé. En effet le froid tiraillait chaque membre de la jeune femme. Elle n'avait plus ses écailles épaisses et invincibles pour faire fuir la pluie ruisselante, elle était complètement nue sous sa forme humaine. Les bras et les jambes pendouillant, complètement avachie sur l'encolure de son gardien. Ses lèvres viraient doucement au bleu, tendit que le claquement de ses dents commençait lentement à déchirer les tissus de sa langue. Son bienfaiteur, conscient que tout effort avait ses limites, s'arrêta alors brusquement sous les dires de la jeune Chibie. Il leva lentement la tête afin de tourner son museau en direction de sa cavalière. Le dragon resta longuement regarder la faible petite chose qu'il transportait, puis il échappa un léger grondement d'affirmation. Chibie, bien que sous sa forme humaine, comprit néanmoins la signification de ce grognement. Son calvaire allait enfin s'arrêter pour aujourd'hui. Leï'Daen scruta alors les horizons. Ils avaient dépassé Junon il y a quelques heures maintenant, à présent ils s'engageaient dans les montagnes rocailleuses menant jusqu'à Fort Condor. Mais cette ville n'était pas leur destination, ils devaient traverser les montagnes toujours dans une direction linéaire. Pour autant, là n'était pas la question à l'heure actuelle, le dragon cherchait actuellement une grotte dans laquelle s’abriter et passer la nuit. Un abri sûr, où lui et Chibie pourrait prendre repos en toute sécurité. Car depuis leur départ, les deux martyres avaient sagement pris la décision d'éviter tout contact avec les hommes.


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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Mar 3 Sep - 15:13:12



~Sous la pluie de Junon ~


   Désertique, gris, rocailleux… Voilà quelques-uns des adjectifs qui me venaient en tête pour décrire l’horrible paysage que j’avais sous les yeux. Le choc avait été rude lors de notre sortie du cratère. Le monde coloré et empli de verdure que nous connaissions avait disparu pour laisser place à une planète en souffrance, lentement rongée par ses propres habitants. La peine, le remords et la colère avaient envahi mon esprit lorsque j’avais ouvert les yeux sur la planète. Les humains ne sont que des enfants jouant avec la vie de leurs frères. Ils ne se rendent pas compte des conséquences de leurs actes. Étant d’un naturel calme je me surpris moi-même à sentir la rage monter en mon sein. Je me calmai alors en arrachant d’un coup de patte un arbre mort dont le tronc fracturé en deux faisait effleurer sa cime sur le sol boueux. Nous étions seuls. Chibie et moi avions perdu notre faculté de communiquer par la pensée. Jenova… J’aurais voulu l’occire. J’en avais eu l’occasion lorsque l’alien était venu nous libérer, mais la sécurité de la jeune dragonne prévalait avant tout, aussi avais-je préféré fuir avec elle.

   Chibie. La pensée de ma protégée ramena mes priorités au premier plan, ainsi que l’urgence de lui faire un feu. Je n’avais que trop tardé à la recherche de bois. J’attrapai le tronc entre mes crocs et m’élançai en direction de la caverne. Elle était toujours au même endroit où je l’avais laissée quelques minutes plus tôt. Son corps tirait doucement sur le violacé tandis que ses lèvres avaient pris une teinte bleutée accordée à la couleur de ses cheveux. Elle tremblait de tous ses membres, un mince filet de sang s’échappant du coin de sa bouche dans laquelle je pouvais entendre ses dents s’entrechoquer. J’avais été idiot. Je n’avais pas pensé que son corps d’humaine, nu sous la pluie glaciale, ne supporterait pas le froid aussi bien qu’un dragon. Quel inepte protecteur faisais-je.

   Après avoir tranché le tronc en plusieurs parties, je crachais une flamme bleue sur le petit tas afin de déclencher un feu qui saurait attiédir la grotte et réchauffer le corps tremblant de Chibie. Je ne pouvais malheureusement rien faire d’autre pour elle. Je m’assis non loin d’elle pour surveiller son état ainsi que l’entrée de notre abri. Mes pensées assiégèrent mon esprit vagabond pendant plusieurs minutes tandis que le sommeil me gagnait. Nous avions fui le cratère, puis voyagé durant une semaine entière. La faim tenaillait mon ventre et mes membres endoloris faisaient ressentir la dureté de ma couche avec plus d’intensité. J’avais su trouver quelques maigres animaux pour nourrir Chibie, mais rien d’assez gros pour alimenter un dragon. Il aurait été plus simple pour moi de prendre apparence humaine pour rassasier ma faim, mais la peur de ne pouvoir reprendre mon état d’origine m’en avait empêché. Je tournai lentement la tête vers la jeune dragonne. Son corps tremblait toujours et n’avait pas repris ses couleurs d’origine. Je commençais vraiment à m’inquiéter de son état. Je ne savais plus quoi faire pour elle, je ne savais que faire de plus pour la réchauffer. Mes écailles froides n’auraient pour seul effet que de la refroidir plus encore. Mais peut-être… peut-être qu’un corps humain serait assez chaud pour cela. Si je devais choisir entre mon apparence ainsi que mes pouvoirs, et cette jeune femme… Le choix fut vite fait.

   Je retint un cri de douleur alors que mes os semblaient se briser à l’intérieur de mon propre corps. Mes écailles perçaient une peau blanche en faisant perler des gouttes de sang écarlates, puis elles disparurent, comme ensevelies sous cet épiderme humain. Ma queue, garante de mon équilibre rapetissa jusqu’à disparaître totalement et je tombais à genoux en m’écorchant au passage. De longs cheveux noirs aux reflets argentés brouillèrent ma vision. Je vis mes griffes rentrer sous ma chair et former des ongles lisses et fins. Mes ailes, dernières survivantes de ma transformation, entourèrent mon corps nu avant de disparaître elles aussi, happées par mon dos dans une douleur sourde. Mes membres déjà endoloris me tiraillaient maintenant de toute part et une horrible migraine cognait l’intérieur de mon crâne.

   Je rampai vers Chibie avec les dernières forces qu’il me restait, poussé par l’espoir. Je me collai alors contre son corps de marbre et sentis un frisson me parcourir l’échine au contact de sa peau nue contre la mienne. Son dos délicat se plaquait contre mon torse au gré de sa respiration. Je dégageai délicatement une mèche de cheveux bleus devant son visage et laissai lentement courir ma main sur son corps. Sa peau bien que glaciale était douce comme de la soie. Je la pris doucement dans mes bras, posant ma tête près de la sienne et fermai les paupières en attendant que sa température remonte. Son odeur était exquise, florale et légère… je m’en emplis les poumons d’une grande respiration. Je ne vis pas Morphée m’emporter au pays des rêves.    

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Chibie


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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Mar 3 Sep - 15:17:21



Sous la pluie de Junon...


Chibie



 Maintenant que vous connaissez tout de moi, de mon histoire, de mes conditions, je peux enfin m'exprimer par moi même. Je n'ai jamais vraiment aimé parler de moi, je pense que cela reste compréhensible. Même si ce choix affecte énormément la façon dont les autres me perçoivent. Oui, je ne suis pas des plus sociables c'est vrai, mais je méprise les hommes, pour ce qu'ils sont, pour ce que je suis, pour ce que j'ai fais. L'homme est une maladie dont la planète ne peut se débarrasser. C'est pour cela que je ne comprend pas Leï', il dit que nous ne devons faire de mal à aucun humain, être le plus discret possible. Pourquoi ? Ces terres n'étaient-elles pas les nôtres avant d'être les leurs ? N'est-ce pas grâce à notre arrivé que la civilisation a put voir le jour sur ces vastes terres ? D'autant plus que l'homme n'a pas sut respecter la richesse qui lui était offerte. Il a tout saccagé de ce monde, comme si le virus de Jenova se répandait toujours en eux, malgré les âges, malgré le temps passé. La destruction, voilà ce à quoi j'assimile les hommes, ces êtres qui disent avoir de l'humilité. Leï', notre tâche n'est-elle pas de protéger ce monde ? Ainsi que les derniers descendants des Cétras ? Hors, les hommes sont une menace pour l'humanité toute entière. Laisse moi les tuer, laisse moi, tous les tuer, jusqu'au dernier. Jusqu'à ce que le rouge sombre de leur sang, remplace la couleur bleu de l'océan infini.

     Que dis-je ? Encore cela... Je me perds, au fond de moi même. Qui suis-je réellement aujourd'hui ? Un vulgaire pantin, hantée par les volontés de Jénova. Est-ce vraiment moi qui parle ? Ou bien cette infâme abomination ? Je ne peux même plus rester fidèle à moi même. Je ne peux même plus croire en quoi que ce soit, de peur que ce ne soit qu'une mascarade, que ce soit les sentiments d'une autre. Je n'ai donc pas le choix, Leï' est ma seule voix de la raison. Il est lucide et réfléchit, inquiet et prévoyant, intelligent et fin stratège. Je ne peux que l'écouter, même si cela me met hors de moi, de devoir uniquement dépendre de quelqu'un d'autre, moi, incapable de penser par moi même, au risque de finir dans un bain de sang. Pour autant, Leï'daen est quelqu'un de très humble, il aurait facilement pu prendre la grosse tête, après tout, c'est un peu comme le chef de notre duo, au lieu de ça, il fait passer mes priorités avant les siennes. Je lui dois tellement. Mais le mot «merci» est bien trop dur à sortir de ma bouche, pourtant, je sais que je lui dois tellement. Il est tout ce que j'ai, tout ce qu'il me reste, je donnerai ma vie pour la sienne. Mais tout ça, je ne peux pas lui dire, je suis bien trop fière pour cela.

     La chaleur du feu commençait doucement à réchauffer mes membres engourdis, figés par le froid. Je n'avais en effet plus ma dure carapace, afin de me protéger, même contre les intempéries ici en l’occurrence. A la place de cela, m'enroulait une texture molle, pâle et fine. Ma peau avait une légère teinte violacé, au même titre que mes lèvres. Des frissons froids couraient sur toute la longueur de mon corps faible. C'était ce que les hommes appelait l’hypothermie. Car bien que la douce caresse du feu me soit agréable, elle était bien loin d'être suffisante afin de ramener tout ce tas de chair à sa température normale. Lei'daen l'avait bien comprit. Ma fatigue ne me permit même pas de le voir se transformer lui même en cette monstruosité qu'est notre apparence humaine. Ce n'est qu'une fois collé contre mon corps, que je réalisai soudainement sa présence à mes côtés. La chaleur qui émanait de lui était rassurante et tellement saisissante. Je me blottis aussitôt dans le creux de son ventre, reprenant instinctivement une position fœtal. Sa peau était d'une douceur soyeuse et lisse, sa respiration était quant à elle forte et puissante. J'entendai les battements de son cœur traverser jusqu'à l'ossature de mon dos. J'étais comme figé, certaine que désormais plus rien ne pouvait m'atteindre. Je me sentais en sécurité. C'est alors que lentement, je relâchai doucement la pression qui me courbaturait le corps depuis maintenant des heures. J'étais si légère, je pouvais presque voler, je le sentais.

     Mais un bruit d'explosion me tira rapidement de mon repos. Je sursauta de tout âme, affolée par les bruits de la guerre, qui m'avait traumatisé à jamais. La peur me saisissant, je voulu m'enfuir. Instinctivement je pris mes jambes à mon cou et partie dans une foulé à en couper le souffle. Mais l'horreur des combats ne semblait pas vouloir m'oublier si facilement, l'odeur repoussante du sang emplissait mes narines jusqu'à même mes poumons. Le terrain était rude et caillouteux, je ne cessais jamais de tomber. Autour de moi raisonnait des cris effroyables, le ciel était rouge lui aussi. Je traversai la forêt dense à toute allure lorsque j’atteins enfin mon petit village. Il était déjà trop tard, les flammes le consumait de toute part. Toutefois, les cris ne cessaient pas, cela voulait dire qu'il y avait encore des survivants dans les ruelles brûlantes. Je ne sais quel sentiment me poussa à ce geste, mais je n'hésita pas un seul instant à partir rejoindre mes amis restés là bas, je n'avais soudainement plus peur. Je les entendaient, ils m’appelaient, ils me criaient à l'aide, je devais leur porter secours, c'était impératif. Le temps me manqua malheureusement. Une fois arrivé sur la grande place, je tombai au cœur même des combats. C'est alors que je les reconnu, les hommes. Ils étaient là, décapitant, éventrant, démembrant, tous ceux qui m'étaient cher. Du sang éclaboussa mon museau, l'acidité de ce dernier m'aveugla quelques instants, je chutai sur une maison en reculant. L’ennemi en profita pour m'attaquer, bientôt un nuage de balles s’abattit sur moi. Mais il en fallait bien plus pour me vaincre, mes yeux rouges étaient maintenant remplit de haine et de cruauté. Dans un cri interminable, des nués d'éclair rouges dévastèrent tout une armé de soldats humains. D'autres plus loin, continuaient leurs massacres, des bébés étaient brûlés vifs, des œufs étaient écrabouillés.

     Puis, soudainement, j'entendis la voix apeuré de ma mère. Elle criait mon nom, dans une douleur interminable. Des hommes étaient en train de la massacrer, elle aussi. Il n'en fallut pas plus pour me rendre folle de rage, presque à en perdre la tête. D'un coup de patte puissant, je tranchai tous les ennemis qui me faisaient face. Leurs entrailles jaillirent dans une fontaine de sang, rependant sur le sol des morceaux de chair encore fumants. J'en profitai pour me dégager afin de partir retrouver ma pauvre mère. La haine m'aveuglait, je ne voyais plus rien, je ne savais plus rien, ni même ce que j'étais en train de faire. Continuant mon massacre, dans des cris incessants et redoutables, je les carbonisais tous, dans ma tempête de foudre rouge, au cœur même de la ville. J'étais plus que déterminée à retrouver les miens, et à les venger.


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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Mar 3 Sep - 15:19:24



~Sous la pluie de Junon ~



   Je fus tiré de mon sommeil brutalement. Peut-être était-ce le froid me tiraillant de toute part, ou bien cette sensation de solitude assaillant mon esprit comme ma poitrine. Toujours est-il que j’ouvris brusquement les paupières sur les cendres froides du feu et l’obscurité de la grotte, traversée par quelques maigres rayons de lumière qui arrivaient à percer les épais nuages gris. Etre réveillé par le froid, voilà bien une nouvelle expérience fort désagréable. Sous forme de dragon, le froid ne parvient pas à percer la dure carapace que forment nos écailles, il nous est donc possible de dormir au beau milieu d’une tempête de neige sans avoir les désagréments hypothermiques. Il était cependant étrange d’avoir aussi froid avec le corps chaud de Chibie à mes côtés. Du moins aurait-elle du y être…

   Je me retournai prestement et constatai avec horreur la disparition de ma protégée. Je me relevai alors avec précipitation, tanguant dangereusement sur ces jambes que je n’avais pas encore appris à utiliser. Cette sensation de solitude… C’était cela, l’éloignement de Chibie se faisait ressentir dans ma poitrine, ceignant mon cœur et bloquant ma gorge d’une sensation oppressante. Quels drôles de sensations avez-vous, humains. Les dragons ne ressentent pas ce genre de choses. Je me demandai quel pouvait donc être cet étrange sentiment en cherchant autour de moi avec espoir un quelconque indice concernant la dragonne. Vide, la caverne était vide. Malgré mes sens développés aux aguets, je ne trouvai ici aucunes informations me permettant d’éclaircir la disparition de Chibie. Une bourrasque pluvieuse fit irruption par l’entrée de notre abri, faisant ruisseler l’eau glacée sur mon corps en collant mes longs cheveux contre mon dos. C’est alors que je sentis une légère fragrance florale, un doux parfum exquis, flotter dans l’air jusqu’à moi, porté par le vent. C’était son odeur, celle dont je m’étais empli les poumons avant de m’endormir. Chibie, ma petite Chibie, où es-tu donc ? Que s’est-il passé ?

   Je courrais à en perdre haleine dans ce paysage désertique, suivant les infimes traces du passage de la dragonne. Quelques branches brisées il y a peu de temps, des traces de pas encore visibles dans la boue, mais aussi du sang ! Quelques fines gouttes éclaboussaient un arbre mort sur ma droite. Les perles mélangeaient la couleur écarlate du sang humain à celle argenté du sang de dragon. Je gouttai du bout de la langue ces sphères brillantes. C’était elle. Elle avait réussi à se retransformer en dragon. Une vague glaciale parcouru mon échine, plongeant mon cœur dans un sentiment froid et angoissant. Il était urgent que je la retrouve avant que le pire n’arrive. Si elle était vue par des humains cela mettrait en péril notre survie, tout comme notre mission. J’aurais voulu me retransformer moi aussi, malheureusement je n’en avais pas la force. Ou peut-être avais-je peur d’être confronté à une réalité que je n’aurais su supporter.  

   Je repartis, courant encore plus vite que précédemment, trébuchant sur le sol caillouteux. Mes pieds étaient en sang et laissaient derrière moi des traces écarlates assombrissant les flaques boueuses dans lesquelles je passais. La rage m’emplie alors, montant en moi comme une tornade rouge, déchainant des sentiments sauvages et crus, que je croyais avoir réussi à enfermer au plus profond de mon âme. Jenova. Elle y était sûrement pour quelque chose, ou du moins était-ce le virus qu’elle avait inoculé à mon peuple. Mais cette rage que je ressentais ne se dirigeait pourtant pas à l’encontre de l’alien. C’était moi et moi seul le fautif. Je ne l’avais pas surveillée. Quel idiot faisais-je encore une fois. Même si la fatigue accumulée durant une semaine entière de voyage m’avait terrassée durant la nuit, ce n’était certainement pas une excuse à n’avoir su garder un œil sur la jeune dragonne. Peut-être même étaient-ce mes actes de la nuit passée qui l’avait froissée, je n’en savais rien. Qu’avais-je donc fais pour qu’elle se sauve ainsi ? Je me torturais l’esprit de questions sans réponses, était-ce moi ou bien un facteur extérieur qui était en cause ? Je faisais vraiment les choses n’importe comment, ce n’était absolument pas correct, ni réfléchi. S’il était arrivé malheur à ma protégée, je ne me le pardonnerais jamais. Même si je ne connaissais pas Chibie depuis bien longtemps, un lien s’était créé entre nous que je ne saurais décrire. Son absence me perdrait.  

   Cela faisait quelques minutes que je courrais en direction de la jeune femme. Je sentais le poids sur mon cœur s’alléger à mesure que je me rapprochais, ce qui me confortait dans le choix de la route à suivre. C’est alors que j’aperçu non loin devant le rebord d’une falaise. Nous l’avions longée le jour d’avant, le précipice était immense. Je ne su m’arrêter à temps, mon élan m’empêcha de me stopper, et je tombai ainsi dans le vide. Je sentais le vent siffler à mes oreilles, mes yeux s’humidifiaient de larmes tandis que mon cœur se mit à battre à tout rompre. Il fallait que je me retransforme immédiatement, avant de m’écraser au fond du gouffre. Peut-être était-ce l’adrénaline parcourant mon corps qui déclencha la métamorphose, ou bien eu-je assez de volonté pour le faire. Toujours est-il que je pu déployer mes grandes ailes violettes pour me faire porter par un courant d’air remontant. Mon ventre écailleux frôla la paroi opposée dans laquelle je plantai un puissant coup de patte afin de m’écarter et d’accélérer mon ascension. Enfin, je ressentais de nouveau des sensations connues. Mon esprit s’apaisa presque instantanément et je pu enfin réfléchir correctement. En quelques puissants coups d’ailes, j’arrivai non loin de ma destination, là où se trouvait ma petite Chibie.

   Le carnage qui se déroulait sous mes yeux n’était égalé que par la guerre contre Jenova. Cela faisait bien longtemps que je n’avais assisté à une telle scène. Des corps démembrés gisaient ça et là dans des marres de sang et d’entrailles lacérées. Des hommes armés étaient alignés à terre, carbonisés par la foudre. Des cris perçants se faisaient entendre à travers les rues, des appels à l’aide et des hurlements de désespoir. Au milieu de la grande place se déroulait un combat sanglant opposant les soldats, défenseurs de la ville, à l’attaquante enragée qui leur faisait face. Chibie se trouvait au centre, pataugeant dans les flaques sombres en crachant des nuages d’éclairs écarlates. Sur son museau perlaient des gouttes de sang rouge, de la même couleur que ses pupilles écarquillées de folie. Chibie, qu’as-tu donc fait ? Malgré la folie qui t’aveugle, j’ai foi en toi, je sais que tu arriveras à retrouver la raison, je t’en supplie arrête ce massacre ! J’aurais tellement voulu, en cet instant, que notre lien psychique soit encore connecté.

   Je me jetai alors sur la dragonne, attrapant délicatement son encolure entre mes crocs, et nous partîmes dans un roulé-boulé sur plusieurs mètres. Sa rage la rendait plus puissante, mais elle ne faisait pas le poids face à un futur Velèn ayant presque atteint sa taille adulte. Nous nous lançâmes dans un combat acharné, détruisant par malheur quelques bâtiments au passage. Enfin, je plaquai sa tête contre le sol en la bloquant fermement de ma patte avant droite et approchai mon museau près du sien en fixant ses prunelles rouges. Mon regard se fit perçant, mais aussi rassurant. Je voulais l’arrêter dans son massacre. Cependant, je me surpris à avoir une drôle de pensée. Je ne voulais pas l’arrêter pour les sauver eux, les humains, même si telle était ma mission. Je voulais l’arrêter pour qu’elle soit en sécurité. Je ne voulais pas qu’ils lui fassent du mal, je n’aurais pu le tolérer. Elle sembla enfin se calmer. Je remarquai que la sensation désagréable de son absence s’était évaporée lorsque j’étais arrivé à ses côtés. Des voix humaines me tirèrent alors brusquement de mes pensées.                    

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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Ven 22 Nov - 19:02:24

Alors que la cité portuaire de Junon semblait de plus en plus proche, en contrebas, le temps ne s'arrangeait pas pour autant. On ne pouvait même pas parler de pluie à ce niveau, sans compter ces nuages grisâtres qui donnaient cet aspect des plus mornes et tristes... Même avec de la musique plein les oreilles, cela ne compensait pas l'atmosphère mélancolique qui en émanait. D'ailleurs en parlant de musique, c'est vrai que je n'étais pas seul dans le cockpit... Du moins, ce n'était pas Rude qui lui en avait pris l'habitude. J'y mis donc fin, aussi bien pour rendre l'ambiance plus sociale mais aussi pour me concentrer davantage dans les manoeuvres prochaines, en vue de l'atterrissage à venir... Tant que la manette me restait dans les mains, tout se passera pour le mieux, pas comme il y a quelques années...

-Alors comme ça, l'ancien chef s'intéresse également à cette affaire? Je veux dire, lui et le Patron ont établi un certain partenariat? Ou c'est uniquement par toi-même que tu es là, Ciss', yo'...? après avoir coupé la musique de l'habitacle, communiquant à l'aide des casques afin de passer outre le bruit constant des hélices tournantes, à en devenir timbré.

-Ce serait tout de même intéressant que nous reformons tous la famille, comme autrefois, tu ne trouves pas? Enfin... Ce serait cool oui, et j'espère surtout qu'on aura pas fait tout ce chemin dans ce déluge pour queud'chie, yo'... en lui jetant quelques regards de temps à autre, brisant le silence radio tout en gardant des idées plein la tête, me remémorant le temps de l'âge d'or de Midgar et de la Shinra, lorsque les Turks étaient légion.

En tout cas, je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer une fois le pied à terre. Nous ne serons probablement pas la bienvenue mais bon... La mission était telle que les informations potentielles détenues par la WRO seraient des plus agréables pour nous aiguiller. Quant à ma comparse du moment, je n'avais pas énormément travailler avec elle jusqu'à présent, alors j'espérais que tout se passe bien. Après tout, était-elle plus loquace que Tseng? Etait-elle aussi bavarde qu'Elena fût un temps, au point de lâcher des informations? Ou du genre à faire parler les poings plus qu'autre chose, comme Rude? L'imprévu peut avoir du bon, mais pas tout le temps... spécialement en mission...

L'appareil s'approchait enfin de l'héliport, arrêtant net mes réflexions pour reprendre là où nous nous trouvions désormais. Une fois que l'engin fut arrêté, après avoir coupé les moteurs en bidouillant plusieurs boutons et interrupteurs, vint le moment redouté où je pris l'eau, au point de voir mes cheveux raidir en me tombant à moitié sur le visage. Me hâtant pour rejoindre l'élévateur afin de me mettre à l'abris dans la structure, sur le coup, je laissais ma comparse se débrouiller comme elle le pouvait comme elle le voulait. On ne peut pas dire que j'avais une apparence des plus présentables... Pour être franc, cela ressemblait assez à un chien trempé qui se secoue afin de se sécher, renouant mes cheveux à l'occasion. Bah quoi? Je n'ai pas le droit de me refaire une beauté c'est ça?

-Hey Ciss'... je veux dire partenaire, je ne sais pas toi mais qu'on trouve quoique ce soit sur les deux tarés ou non, je ne compte pas repartir d'ici sans avoir pris un verre. Et comme tu t'en doutes, tu es conviée... C'est la procédure, yo'... Une idée d'approche d'ailleurs? tout en finissant de refaire ma mise en pli, autant que de dépoussiérer mon uniforme et de me rendre le plus présentable possible. Une chance qu'aucun comité d'accueil nous attendait, j'ai toujours apprécié travailler dans un cadre discret... Parce qu'il ne le reste jamais longtemps lorsque je suis dans le coin, c'est un fait malheureusement.

Fixant la ville haute au travers des fênetres de la bâtisse, où la pluie ne cessait de battre, je vagabondai dans mes pensées sur l'élaboration d'un plan quelconque pour faire de cette mission une réussite. Le temps sembla se figer pendant ces quelques instants, comme si tout mouvement, tout bruit avait cessé. Ce n'était certes pas le cas, mais les rues étaient bien moins bondées que d'ordinaire vu la météo actuelle. Les quelques courageux se hâtaient dans les rues et avenues pour être le moins trempé possible... C'est amusant, on aurait dit de petites fourmis qui fulminaient contre une force invisible et incorruptible... Jusqu'à ce que les mouvements de foule deviennent totalement hasardeux, chaotiques, en lâchant des cris tout en agitant les bras. Suite auxquels je m'esclaffai sans vergogne.

-T'as vu ça?! Je ne sais pas ce qu'ils essayent de faire mais ça a l'air complètement con... en plus ils viennent de me tirer de mes superbes songes éveillés. Sincèrement, tu crois que c'est notre comité d'accueil? Ce serait vraiment de mauvais goût si... me stoppant, laissant ma phrase en suspens alors qu'un bruit tonitruant, semblable à un gros BOUM, se fit entendre, suivis de multiples coups de feu... Je jetai un regard à Cissnei avant de m'élancer dans l'avenue principale à toute blinde. Très téméraire mais bon, comme toujours!

Pestant car prenant l'eau de nouveau, mon bâton électrique en main, je me rendais sur les lieux de ce vacarme sans réelle idée ni envie de savoir ce qu'il s'y était produit. L'espace d'un instant, je me surpris à espérer que ce fût un accident occasionné par Hojo le barjo ou Hollander le glandeur, de façon à réduire considérablement le temps de mission... Mais rien ne s'en fit. De nombreux cadavres jonchaient le sol humide, la pluie se mêlant à leur sang, tandis que deux énormes silhouettes les surplombaient... J'en ai déjà mal au cou.

-Oh bordel... Y a un sérieux problème là, yo'... avais-je laché sans m'en rendre compte devant les deux dragons qui se tenaient devant moi, sans que le reste du spectacle me choque en quoique ce soit. Sur le coup, je ne dirais pas que je me sentais au mieux de ma forme. D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je leur parlais, j'ignorais si ces créatures étaient intelligentes et si elles comprenaient un mot de ce que je disais... Improbable...

-Gentils les petits lézards hein...? On est pas vraiment pas comestibles alors vaudrait mieux que vous vous trouviez un autre terrain de chasse... En plus vous êtes en train de ruiner notre mission là, sérieux, yo'... Fais chier! en m'emportant quelque peu, plus vis-à-vis de la situation qu'envers les dragons... Je lançais quelques regards à droite à gauche afin de voir si d'autres personnes se trouvaient dans les environs, mais apparemment pas... Tous avaient fuis, ou avaient été réduis en charpies, bien que les renforts ne tarderaient pas...
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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Lun 25 Nov - 18:08:42





















  ❝ Sous la pluie de Junon ❞




Cinq ans. Cela faisait cinq ans que j'avais été laissé pour morte avec la plupart de mes collègues après l'explosion de Zirconiade. Nous nous étions tous ressortis vivants et nous avions disparu du circuit. On avait refait surface pendant l'attaque de Météore, on avait donné des infos de temps en temps à Rufus mais sinon rien.
J'avais été envoyé à Junon avec Reno histoire d'obtenir des informations sur le nouveau duo en date, Hojo/Hollander. J'avoue qu'ils travaillent ensemble me paraissait on ne peut plus étrange, à cause de la haine sans que vouait à ce dernier et ça m'aurait fortement étonnée que l'eau ait coulé sous les ponts. La pluie martelait la vitre de l'hélico et avec la musique de Reno et les pales de l'appareil, difficile de penser tranquillement. En temps normal, j'aurais très volontiers discuté avec lui, parlé de tout et de rien mais je n'avais pas le cœur à ça. Cette histoire de revenants avait fait remonté mes vieux démons à la surface. Le souvenir de Zack n'avait cessé de me hanter depuis sa mort et je n'arrivais pas dire si je devais me réjouir ou me désespérer du fait qu'il pouvait être revenu à la vie et que je pourrais me retrouver face à lui. 
A en croire la première question de Reno, celui-ci ignorait bien des choses. Cela faisait depuis la chute du météore qu'il nous arrivait de donner des informations à Rufus ou à Tseng mais ils n'avait visiblement jugé nécessaire de dire d'où elle venaient. Et quand au fait que je serais là par moi-même, ça devait être uniquement pour meubler le silence. Certes, je mourrais d'envie d'aller dire les quatre vérités aux savants fous mais delà à y aller de mon propre chef et soutirer des infos par moi-même, il y avait des manières beaucoup plus discrète de le faire que d'accompagner poil de tomate.
Sa deuxième question m'arracha un sourire; reformer la famille ? Reno était naïf. On voyait qu'il avait passé ces cinq dernières années aux basques du président sans se soucier de ses anciens collègues; je retrouvais souvent les autres pour aller boire un verre et parler du temps qui passe, et prendre des nouvelles des amis, je devais les voir environ deux à trois fois par semaines. Mais d'un autre côté, l'idée était intéressante car sans la Shinra ou un patron pour les guider, les Turks sont comme des oiseaux tombés du nid; si les autres membres de la Shinra avait put retrouver du travail plus ou moins facilement, ça avait été beaucoup plus dur pour les Turks. La majorité d'entre nous survivait grâce à des petits jobs à gauche à droite ou en étant devenus mercenaire.
D'ailleurs quand tout sera fini, il faudra que je passe par la partie information et salutations mais bon...
Celui qui m'avait le plus harcelé avec cette histoire de mission devait être Rod; un clone de Reno en plus poli et plus timide avec à peu près la même histoire que lui. Sinon il y avait bien évidemment la grande-sœur d'Elena qui voulait des nouvelles de cette dernière. Et le blabla habituel.
L'hélico atterrit et Reno courut afin de se mettre à l'abri et de se recoiffer (pire qu'une femme) pendant que je le suivais gentiment. Reporter cet uniforme remplissait mon cœur de nostalgie mais en ces temps de crises, se balader avec un gyrophare sur la tête était tout aussi discret.
Reno me posa une question mais visiblement, il ne s'intéressait pas à ma réponse. 
Une explosion nous tira de nos pensées et Reno partit à toute vitesse en sa direction; je le suivit et remarquai que des cadavres jonchaient les rues puis je m'arrêtai à la vue de deux formes sombres que Reno finit par remarquer. Tandis qu'il pestait contre elles, je m'approchai le cœur battant; c'était des dragons ! Jusqu'à présent je croyais qu'il n'existait que dans les livres mais j'en avait deux, vivants, sous mes yeux ! Mon excitation fit vite place à mon instinct de Turk; cette explosion allait ramener du monde et cela risquerait de compromettre la mission, d'autant plus que les habitants seraient capable de nous accuser d'avoir lâché ces dragons(les gens ont la rancune et les préjugés tenaces).
- Calme-toi Reno, on ferait mieux de s'en aller, ça risque de chauffer.




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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Jeu 5 Déc - 15:36:58

La planète était meurtrie. Il y avait tant de choses qui se passaient ces dernières semaines sur la surface de Gaia. Des choses redoutables… des choses redoutées. Partout on entendait des noms murmurés. Des noms aussi horrifiants que le sort qu’ils réservaient à leurs malencontreuses victimes… Jénova…. Sephiroth… personne n’était indemne après avoir croisé leur chemin. Hojo…. Hollander… Autant de noms capables de faire frémir n’importe quel habitant de cette terre.

Veld avait eut vent de certains agissement douteux dans la région de Junon. Il ne faisait plus partie de l’unité des Turks depuis longtemps mais il n’avait pour autant jamais cessé de les aider et d’agir plus dans leur intérêt, ne recevant plus ses ordres de personnes, tel un électron libre. Son amitié avec Tseng lui permettait d’être au courant des dernières informations importantes et, dés qu’il le pouvait, il n’hésitait pas à donner un coup de main à son ancien ami et à ses hommes. C’est ainsi qu’il se retrouva en route pour Junon, faisant équipe dans cette mission avec une jeune femme charmante au doux nom d’Elena….

Ils avaient pour mission d’enquêter sur les actions dans cette ville et, officieusement, de se renseigner s’il y avait une quelconque trace de Jénova, de son armée ou encore d’Hollander et Hojo. Là était tout l’intérêt pour Veld qui ne voyait pas d’un très bon œil le retour de ces deux énergumènes belliqueux.

Tseng lui avait expliqué en plus d’Elena et lui, il dépêcherait sur place une équipe de deux turks dont il n’avait pourtant pas mentionné l’identité. Peut être simplement parce qu’il ne savait pas encore quel serait les hommes disponibles à ce moment-là. Dans tous les cas, la confiance que Tseng plaçait en Tseng était totale. Il savait qu’aucun élément des Turks n’était incompétent…. Toutefois, la mission devant se dérouler dans une discrétion des plus favorables,  Veld espérait que parmi les forces dépêchées il n’y aurait pas ce turbulent Réno à la chevelure chatoyante. Rien que son allure avait de quoi attirer le regard. Et on ne parlait même pas de son franc parlé et du débit de parole impressionnant qu’il était capable de sortir a la minute. Rien que d’imaginer cette perspective Veld pouvait sentir la migraine lui monter à la tête

Au loin, le ciel avait prit des teinte étrange, mélange de fumée bleuâtre et rouge…. L’attention de l’ancien Turk fut immédiatement captée et il ne fallait pas être devin pour savoir que cela était de mauvais augures. Sans un regard pour sa partenaire, Veld appuya sur la pédale d’accélérateur de la voiture

- Il est peut etre trop tard….

Le véhicule fonçait a toute allures vers la ville côtière de Junon et les quelques kilomètres qui les séparaient encore de la cité fut très rapidement avalés. Une fois arrivé, il dut presque piler net, surpris par le terrible spectacle qui se déroulait sous ses yeux écarquillés par la stupeur. Des villageois courraient dans tous les sens, manquants presque de se jeter sous les roues de la voiture par manque d’attention. Leur hurlement témoignait de l’atrocité dont ils étaient victime. Sans attendre, Veld sorti de la voiture et regarda tout autour de lui pour se rendre compte que deux masses volumineuses les surplombaient un peu plus au nord.

- Elena, suis moi, on y va !

Veld sorti son arme de l’étui qui était caché par un pan de sa veste. Il commença a l’armer, déverrouillant le cran de sécurité par précaution afin qu’elle soit opérationnelle si besoin était. Plus ils courraient en direction des deux masses et plus il y avait de cadavres, de personnes mutilées, de mares de sang sur leur chemin. Des cris d’agonies de villageois mourant étaient particulièrement insupportables, même pour un homme ayant vécu des choses aussi terribles que lui par le passé. Malheureusement il ne pouvait rien pour eux, si ce n’est stoppait les responsable qui devait être, à coup sûr, les silhouettes qui se découpaient dans la brume.

Plus il avançait et plus la silhouettes devenait reconnaissable. Il s’agissait de deux gigantesques dragons aussi effrayants que féroces. Pour s’assurer que ses yeux ne lui jouaient pas des tours, il tourna la tête vers Elena qui paraissait tout aussi stupéfaite que lui, ses yeux rivés vers les deux masses redoutables, une expression livide marquée sur son visage.

- On va avoir besoin de renfort !

A peine eut-il terminé sa phrase qu’il aperçut a une cinquantaine de mètres sur sa gauche la chevelure flamboyante de Réno. Pour une fois, son manque de discrétion tombait à point nommé !

Veld commença a sa rendre dans sa direction. Sans ménagement il attrapa le poignet d’Elena et l’entraina à sa suite pour la tirer de sa stupeur.

- Reno !


Veld le rejoignit rapidement et garda son arme pointée en direction des deux dragons. Sans un regard pour son cadet il essayait de comprendre la situation pour pouvoir l’analyser et trouver la solution la plus approprié afin d’avoir un minimum de dégât supplémentaire. Sa raison lui souffler de  prendre la fuite mais cela aurait également voulu dire qu’il devait abandonner les blessés et les villageois saufs à leur triste sort. Veld le refusé.

- C’est eux qui ont fait ça ? demanda t-il a l’intention de Réno. Il faut que l’on arrive à les neutraliser, ou du moins à les calmer

Toutefois… Veld savait que la tâche n’était pas aisée a réaliser
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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Ven 6 Déc - 21:14:05

A peine revenue d'une mission avec Rude, Tseng m'en confia une nouvelle... Avec le retour d'Hojo et d'Hollander ça puait pour nous ainsi que pour le reste du monde. Il fallait absolument savoir où les trouver, ce qu'ils convoitaient de faire et avec leur esprit tordu et infecté de timbré, on pouvait s'attendre à tout et n'importe quoi.

Tseng m'avait mit comme partenaire Veld, un vieux de le vieille, excellent membre des Turks et aussi son ami de surcroît. Je n'avais pas vraiment travaillé avec lui jusqu'à maintenant et comme il était revenu auprès des Turks pour renforcer tout ça, je n'avais jamais vraiment pu le côtoyer. Je savais juste sur lui ce que Tseng m'avait dit et ce que d'autres racontaient. Moi tant qu'il assurait sur le terrain et qu'il ne nous mettait pas en danger inutilement ça m'allait. Aux premiers abords, il avait l'air très professionnel.

Veld conduisait donc une voiture en direction de la ville côtière de Junon, parait-il d'après quelques échos qu'on aurait pu trouver des infos sur les deux ploucs ou sur Jenova et son armée dans les environs. Toute info est bonne à prendre de toute manière, même si à la base nous étions partis pour nous renseigner sur Hojo et l'autre mégalo.

Sur place, Tseng m'avait dit que nous croiserions sûrement un autre binôme qu'il enverrait là-bas. Je ne sais pas qui ça pouvait être, mais j'espère au moins voir Reno dans ce groupe, ça ramènerait une touche d'amusement dans tout le professionnalisme dont nous faisions tous preuve chez les Turks.

Pendant le trajet je regardais les paysages à travers la vitre de la voiture, on ne voyait pas grand chose vu le temps honteusement dégueulasse qu'il y avait. Arrivés à une distance proche de Junon  notre regard fut attiré par un étrange spectacle. Une mystérieuse fumée rouge et bleu se dégageait de Junon et rendait une couleur étrange au ciel.

- Et merde...

Je n’eus même pas le temps de dire autre chose que Veld, prit appuis avec son pied sur l'accélérateur. Je me serai cru dans un bolide de courses tellement il roulait vite, la voiture sautant et déviant de tous les côtés. Quand il arrêta la voiture, mon estomac était dans un état pitoyable suite à sa course folle. Je regardai autour et le spectacle que j'y vis était limite triste, des villageois courraient dans tout les sens pour fuir ou pour se mettre à l’abri. Il y avait des gens blessés qui tentaient tant bien que mal d'échapper à tout ceci. Quand je sortis de la voiture,e je voyais plus au nord de notre position deux formes gigantesques se dessiner à travers la fumée. Veld me pressa de le suivre.

- Oui, oui je viens...

Plus nous avancions, plus il y avait autour de nous des cadavres qui jonchaient le sol. Malheureusement nous ne pouvions rien faire pour eux, des gens déjà morts, c'était trop tard. Au fur et à mesure de notre approche, les formes devenaient reconnaissables.

- Des putains de dragons, y a toujours des trucs pour venir faire chier leur monde...

Super... Des dragons... J'étais plus que surprise de voire ça et vu la tête que tirait Veld lui aussi. Ça me faisait pas plus peur que cela, mais ça me faisait surtout chier de voir qu'il y a toujours un truc pour flinguer une mission. Puis bon, c'était pas mon jour, je devais avoir une sale tête car je m'étais prise une bonne cuite avec Rude la veille.

Quand mon regard se posa sur le coté de la place, je vis une longue chevelure rouge étincelante parmi deux silhouettes.

- Reno!

Je n’eus même pas le temps de faire un pas en avant et de voir qui était l'autre personne qui accompagnait Reno que Veld m'agrippa le poignet.

- Hey doucement!!

Arrivée devant Reno, je retirai vivement poignet de son emprise. Je pu voir que le binôme de Reno était une femme, Cissnei me semble -t-il... Elle avait l'air cool de ce qu'avait entendu sur elle, une future comparse pour emmerder Reno?

Veld agitait son arme en direction des dragons, mais vu les deux bestiaux je pense que ça n'aurait servit à rien. Je souris à Reno et Cissnei en guise de salut. Pendant ce temps Veld demandait à Reno s'il savait quelque chose sur tout cela et qu'il fallait des renforts.

- C'est sûr qu'à quatre on va pas leur faire peur...
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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Sam 7 Déc - 23:48:27



Sous la pluie de Junon...


Chibie



La colère... La colère est un fléau redoutable, qui nourrit la haine, et vous empoisonne l'esprit. Vous savez, Jenova se nourrit de haine de colère. C'est bien ça qu'elle exploite à chaque fois, pour enrôler ses victimes. Elle pousse le vice au plus profond de vous, cherchant la faille derrière votre imposante carapace. Et elle finit toujours par la trouver. Alors, de là, elle l'exploite, et répand en vous, son venin diabolique. Il n'y a aucune issue. C'est un poison qui vous ronge pour le reste de votre vie. C'est ce qui fait de vous, un être humain. La haine, la colère. Dans mon monde, ce n'étaient que de simples mauvaises histoires, que l'on racontait comme des légendes, pour faire peur aux plus jeunes. Aucun membre de mon espèce, ni même celle des Cetras, n'avait un jour ressentit ces sentiments si néfastes. Jusqu'à Jenova, bien sur. Jenova, le fléau, la calamité venue des Cieux. Son venin, elle avait réussit à me le transmettre. Et voilà comment faire d'une jeune et innocente dragonne, une machine de guerre, avide de sang et de victimes humaines. A bien y réfléchir, peut être que c'est l’influence de Jenova qui me fait autant détester les hommes. Mais, même en songeant de manière logique et réfléchit, je ne voie pas pourquoi devrions-nous sauver l'humanité. Sauver le monde est une chose, sauver les humains en est une autre... Les hommes sont mauvais, j'en suis certaine. Ils vivent de guerres, et du malheur d'autrui. Ils veulent toujours tirer partit de quelque chose. Ils ont le vice qui bat au plus fort au fond de leur cœur...

Pourquoi dis-je cela? Regardez-moi, je ne vaux pas mieux qu'eux. Je suis là, au milieu d'un bain de sang, animé par la haine, et la colère. Cette chose qui m'a rendue humaine, que j'ai connue pour la première fois, après avoir tué ma pauvre mère. Je suis comme eux maintenant, et je me répugne. Je ne suis plus moi-même. Chibie est morte il y a des milliers d'années. Je ne suis plus qu'un démon, une ombre salie par la honte et le déshonneur. Je n'ai plus rien d'un noble dragon, qui jadis gouvernait ces terres, qui appartiennent maintenant aux hommes. Voit ce qu'ils en ont fait. Tout autour de moi, je ne voie que sécheresse et béton. J'avance, au milieu de cet amas de moisissure, détruisant tout sur mon passage. Je mets fin à la vie de plein de gens, qui pour moi n'ont, de toute façon, rien de simples innocents. Les hommes ont tous quelque chose à se reprocher de toute manière. Dans le fond, je me contente d'abréger leurs souffrances. De toute manière, ils vont tous mourir, un jour ou l'autre. Moi je suis bien déçue d'avoir vécu jusque-là, pour être témoin de tant d'atrocités. Oui, dans le fond, ils méritent tous de mourir ainsi.

Que dis-je encore là? Mon esprit se trouble. Je ne sais pas, je ne sais plus, si ces pensées-là sont miennes... Je ne sais plus qui je suis. Je crois, que je n'ai pas conscience de ce que je suis en train de faire, ni ou je ne suis, et surtout, pourquoi je fais cela. Mais c'est plus fort que moi, j'avance, tel un pantin, tirée par des fils invisibles. Je détruis tout, et la colère n'est que plus forte. Je n'arrive pas à me calmer. Au pire des cas, tuez-moi. Tuez-moi si vous avez, ne serait-ce que la moindre chance d'y parvenir. Allez-y. Faites quelques choses. Libérez-moi de ce cauchemar !

Des coups de feu raisonnent. Elles ricochent sur mon épaisse carapace. J'entends des cris perçants, puis des explosions. J'ai pourtant l'impression d'être totalement extérieur à tout ce vacarme. De n'être, qu'un témoin. Un témoin impuissant, qui cherche secrètement à fuir la réalité, peut-être. Pourtant, la réalité revient très vite. Brutalement même, douloureusement. Je me sens projetée, entrainée vers le sol, par une force supérieure à la mienne. Qu'est-ce que?

Je secoue vigoureusement le museau, grondant de rage, avant de me relever, droite sur mes pattes. Je n'ai pas vraiment le temps de riposter, qu'une ombre imposante me tombe dessus à nouveau. Cette fois-ci, elle m'accroche, et nous roulons sur plusieurs mètres. Je comprends alors que je me fais agresser. Bien que je l'étais déjà, entre une fourmi et un dragon, il y a une différence. Mon délire m'aveugle, je ne capte même pas qu'il s'agit de Leï'Daen. Il essaye de m’immobiliser, de me calmer, de me raisonner. Mais je me débats, de toutes mes forces, grondant d'un cri lourd et menaçant. J'ouvre une gueule gigantesque, dévoilant mes crocs acérés. J'essaye de l’attraper, de lui découper les membres, de le mordre jusqu'à percer sa chair, et faire couler son sang. Je donne des coups de queues puissants, afin que la griffe qui orne la pointe de cette dernière, découpe elle aussi, tout ce qui est susceptible d'être tranché. Heureusement, Leï'Daen est un bien bon guerrier. Il sait se battre. Lui, on le lui a appris. Il parvient finalement à me plaquer contre le sol, m'écrasant presque sous son poids. Il pose sa patte sur ma gueule, comme pour faire terre un chien enragé. Comme une muselière. Je continue de gronder, de me débattre. Mais tant de lutte me fatigue et m'épuise. Des forces, que je n'avais déjà presque pas, s'évaporent dans un dernier sursaut de rage. Bientôt, mon souffle chaud se calme. Les nuages de poussière qu'il remue, s'estompent, progressivement. Mes grognements sourds, se transforment lentement en plaintes douloureuses, plus aiguës et discrètes. Je panique tout de fois, en un grand coup de stress, lorsque je voie apparaitre juste devant mon œil droit, une pupille énorme. Reptilienne, comme la mienne. D'une couleur froide, mais familière. Je reconnais ces éclats violets, qui brillent en une poussière étoilée, au milieu de ce gris léger et clair.

Ma peur disparaît finalement, tout comme ce cauchemar, qui n'en était pas un hélas. Non Chibie, tout cela, c'était bien la réalité. Je n'aurais su dire alors, quel genre d'émotions me traversaient sur le moment. Tout ce que je sais, c'est que c'était horrible, affreux, insoutenable. Je sentais naitre en moi, une boule de feu intense, au fond de mon estomac. Tous mes muscles furent crispés, en moins de temps qu'il fallait pour le dire. Et si la vue de Leï'Daen me réconforta un bref instant, la panique ne tarda pas à me regagner bien rapidement. Horreur, que ce qui se déroulait autour de moi. J'étais au beau milieu d'un village humain. Entourés de corps, tous mutilés pour la plupart, ou alors grillés vif, au point que la chair est tournés en d'horribles pustules blanches. Pourtant, dans ce chaos, dont je semblais être l'auteur, il y avait encore des survivants. Nous étions cernés par les hommes. Ils se pensaient menaçant, en nous pointant de leur ridicule ustensile de pacotille. Toutefois, je préférais m'en méfier. Ce n'était pas tant leurs menaces qui m'inquiétaient non, c'était plus le fait de me retrouver piégée, dans une de leurs cité, où ils ne nichaient par centaines. Ils étaient inquiétants à leur façon, à leur nombre et leurs vices. Je préférais m'en méfier.

Leï'Daen relâcha finalement son emprise sur moi, constatent que je m'étais enfin calmée. Il savait désormais qu'un autre danger planait sur nous. Lui, il était plus pacifique, plus calme et réfléchit. Mais je ne me souciais guère de la manière dont il calmerait les esprits. Pour ma part, je pris instinctivement une position défensive. Je ramenai fermement ma queue contre mon ventre, la griffe soigneusement pointée vers l'extérieur. Puis, je rabattis mes ailes sur moi, afin de protéger mes flancs. Il faut dire que je ne savais plus vraiment ou donner de la tête, il y avait des hommes partout. Je les regardais tous, avec le plus profond des mépris. Le regard noir, et les crocs fièrement dévoilés. En signe d’avertissement, je continuais de gronder. Un grondement lourd et tout en longueur, que je répétais encore et encore. Le premier qui aurait le malheur de m'approcher, finirait en charpie. J'étais encore dopé sous l'effet de l'adrénaline, et il en fallait peu pour que je parte au quart de tour. De plus, je me sentais menacée. Qu'importe ce qu'ils tenteraient de faire, jamais, je ne les laisserait s'approcher de moi.


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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Mar 10 Déc - 18:08:45



~Sous la pluie de Junon ~




   Chibie calmée, il m’était enfin possible d’examiner plus amplement les alentours. Les dégâts occasionnés étaient nombreux et effroyables. Aux tragiques et sinistres pertes humaines s’ajoutaient les débris de bâtiments dévastés, entrelaçant chair et béton ensanglantés dans un paysage apocalyptique et boueux. Mais bien que je pensasse un instant que la dragonne ait annihilé toute la population de ce nid d’humains, je remarquai que nous étions encerclés par un nombre incroyable de ces petits êtres, pointant sur nous des ustensiles étranges crachant feu et billes de métal. Malvenus pour eux, car les projectiles ricochaient contre nos écailles, renvoyées pour la plupart dans leur direction, ce qui valut la mort la plus inepte que j’eus le malheur de voir de ma vie pour l’un de ces hommes.  Après ce misérable incident, un homme marqué par le temps et les combats pris enfin les devant, semblant enfin stopper les autres dans leurs tentatives désespérées. Ils cessèrent de faire feu pour enfin réfléchir et se concerter. Que les humains sont impulsifs et déraisonnables.

   Mais le ciel s’emplit alors d’un sourd vrombissement, et la terre gronda, s’intensifiant à mesure que la source se rapprochait, couvrant presque le bruit de la pluie. D’étonnantes machines tournoyaient dans le ciel gris tandis que d’autres glissaient au sol avec fracas pour nous encercler. Des renforts humains, au vu du regain d’espoir des troupes déjà présentes. Les soldats se retirèrent derrière les engins de guerre, pensant être à l’abri, tandis qu’un homme à l’air impérieux cria des ordres, commandant ses troupes avec orgueil derrière le rideau pluvieux. La situation commençait à être hasardeuse, menacés que nous étions par ces tubes métalliques de gros calibre dont j’ignorai tout de la puissance destructrice. S’il y avait une chose que j’eusse apprise durant la guerre, c’est que les humains sont bien plus pernicieux qu’ils ne le laissent paraître. Il aurait été inconscient de fuir, et combattre n’était pas une option. Notre mission était de protéger les humains, non de les combattre. Mais il fallait avouer que ni eux, ni Chibie ne rendaient la tâche aisée. Celle-ci avait d’ailleurs adopté une posture défensive, mais son agressivité naturelle laissait présager un destin funeste à l’être qui tenterait de l’approcher. Lorsqu’elle avait recouvré ses esprits, sa détresse avait été si puissante que je l’avais ressentie dans chaque muscle de mon corps, telle une sueur froide oppressante, malgré mes pouvoirs endormis. Que n’aurais-je donné pour pouvoir communiquer par télépathie avec ma protégée en cet instant…

   Après avoir réfléchi un instant, je ne pus que faire face à la solution la évidente. Celle assurant une chance à Chibie de s’en sortir vivante, entre autres. Maintenant que notre existence était révélée à cette race colonisatrice, il nous fallait commencer à agir en dragon, et accomplir notre mission. Commencer par les présentations me semblait la meilleure chose à faire, d’autant plus que ne pouvant user de mon don, je devais reprendre forme humaine pour communiquer. Cela apaiserait sans aucun doute la tension qui régnait en ce lieu. J’approchai ensuite mon mufle de la tête écailleuse de ma comparse, lui soufflant un air chaud sur l’encolure par mes naseaux afin de la rassurer quelque peu, puis j’approchai d’un pas, me détachant de Chibie afin de porter l’attention à mon encontre. Me relevant fièrement, je surplombais ainsi de plusieurs mètres la foule réunit, avant de baisser ensuite la tête dans un salut respectueux. Puis vint le moment fatidique et redouté.

   J’entamai ma transformation, la douleur laissant échapper un grognement étouffé, le sang perlant en méli mélo argenté et rouge sur ma peau diaphane. Je ployai d’un genou à terre, le souffle coupé, ma longue crinière sombre coulant le long de mon corps, mes ailes se résorbant enfin dans une dernière bourrasque embrumée. Je remarquai que le changement d’état était plus rapide et moins douloureux à chaque nouvel essai, ce qui n’était pas pour me déplaire. Je contrôlais de mieux en mieux cet aspect de la malédiction qui nous affligeait. La pluie eut tôt fait de distiller le sang sur mon corps, et je me relevai enfin, trempé et grelottant de froid dans la bise humide. Les autres humains ne semblaient pas dérangés par cet aspect météorologique désavantageux, et je supputais à juste titre que les tissus qu’ils portaient en étaient la cause. Malheureusement, ce n’était pas mon cas, et mon corps nu me trahissait, devant ainsi serrer les dents afin qu’elles ne s’entrechoquent pas, ce qui n’était pas chose aisée pour parler.  J’aurais préféré encercler mon corps de mes bras par réflexe afin de garder le peu de chaleur que je dégageais, mais je me forçai  à les écarter, en signe de paix. Je tentai même quelques pas peu sûrs, mes jambes ayant encore un peu de mal à me supporter.

"S’il vous plaît, nous ne vous voulons aucun mal…"

   Criais-je alors d’une voix assurée malgré mon état piteux, tentant de couvrir le brouhaha ambiant. Mais je fus bien vite coupé dans mon élocution par une voix d’homme froide et sèche.                   

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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Mer 18 Déc - 22:38:08

En fin de compte, la carte de la discrétion était carrément fichue... Un point positif? Je crois bien qu'il n'y en avait pas... Ah si, nous serions plus nombreux pour assister à notre dernier barbecue, haha... D'ailleurs, mon impulsivité de l'instant précédent avant disparu, me laissant assez perdu dans le cours des événements, je fixais les deux dragons d'un air un peu idiot, me grattant la tête. Après avoir été rejoint par deux autres comparses, qui plus est celui dont je parlais un peu plus tôt, même si c'était agréable de les voir non loin, l'équilibre des forces était loin d'être présent, lui. L'arrivée de la blonde et du vieux n'allait pas changer grand chose, mais bon... Est-ce que toute cette mascarade à quelque chose à voir avec notre mission? J'en doute, mais c'était tout de même troublant...

-Yo' la blonde! Je vois que tu as ramené papy avec toi, c'est peut-être pas très approprié tu sais... Enfin, trêve de conneries, pas la peine de vous dire qu'on est dans de sales draps, yo'. Apparemment ce sont eux les responsables mais on vient d'arriver alors on en sait pas vraiment plus, yo'. après être sorti de mon étrange contemplation des deux créatures pour me tourner vers les arrivants, un sourire en coin malgré la situation.

-J'imagine que personne ne sait parler la même langue qu'eux, hmmm? Pas même toi 'Lena? Pourtant vu ta tête, on dirait que tu serais prête à cracher des flammes, haha! Quelle plaie tout ça, yo'... Et si on battait victorieusement en retraite? dépoussiérant un peu ma tenue tout en tapotant mon épaule de mon bâton électrique. Il allait vraiment falloir se frotter à ces choses? Si j'en sors vivant, je demanderai une augmentation au Patron, c'était pas dans le contrat ça... Ah bon, ça y était? Merde... C'était donc ça les petites lettres en bas...

Pendant un moment, j'en avais presque oublié la trombe d'eau qui tombait inlassablement sur nous... L'eau ça mouille, mais là c'était pire. Revenant aux deux dragons, quelque chose clochait. Certes, l'un des deux dégageait une aura telle que même un aveugle aurait su qu'il le voyait comme un casse-croûte à faire brûler, mais l'autre... Rien... Je veux dire, il ne semblait pas si agressif que cela, comparé au précédent. Ou alors il dormait les yeux ouverts? Non... Ils peuvent faire ça?! P'tain, j'aimerais tellement pouvoir le faire durant certaines réunions... C'est alors que ledit dragon commença à s'avancer vers nous, après un signe de la tête, comme s'il nous comprenait ou cherchait à communiquer. Mais je ne parle pas le dragon moi! Puis s'ensuit un étrange phénomène, et la créature devint homme, mais complètement nu... C'est les filles qui vont être contentes... Mais c'est sérieux tout ça? C'est un nudiste qui a foutu tout ce bazar...? Un instant, que je saisisse... Fixant le nouvel arrivant, si je puis dire, en haussant un sourcil, quant à ses mots.

-Waow... Aucun mal? Ce serait une bonne nouvelle mais je suis assez sceptique quant au bordel que vous avez mis ici, yo'... Vous êtes qui tous les deux, ou plutôt vous êtes quoi? On doit s'attendre à d'autres trucs du genre dans le coin, yo'? Et surtout, que voulez-vous? tout en plissant les yeux, un peu froidement aux allures d'interrogatoire, restant sur mes gardes. Sait-on jamais, même un homme nu peut être redoutable... Je ne parle pas de vécu bordel, vous avez l'esprit tordu! Z'avez qu'à demander à certaines femmes et vous verrez...

Comme toujours, je ne mâchai pas mes mots, sauf que cette fois-ci ce n'était pas pour raconter des idioties mais bel et bien dans un sérieux inhabituel que l'on ne me connaissait guère. Qui a dit que je n'étais qu'un clown de service hein?! Après tout, j'avais des responsabilités chez les Turks, même si je n'avais rien demandé d'ailleurs, mais la situation l'exigeait un minimum. Ce n'est pas tous les jours que l'on tombe en plein début de guerre civile opposant la milice de Junon à des créatures mi-dragon mi-nudiste... Mon bâton électrique toujours bien serré dans ma main, prêt à agir si le besoin se faisait sentir, je le toisai sans gêne, puis son compagnon, l'autre dragon, à m'en tordre le cou.

-Je ne sais pas s'ils ont un rapport avec la mission... Vous en pensez quoi vous, yo'? C'est quand même louche cette coïncidence... Oh! Mais ce serait des expériences en cavale de l'autre allumé d'Hojo? Hahahaha, trop fort, finalement la chance nous sourit peut-être, yo'! en perdant l'air sérieux de l'instant précédent presque aussi rapidement qu'il m'était venu, interrogeant mes partenaires du regard. Ô dure réalité n'est-ce pas? Je dirais plutôt douce naïveté, mais bon... Ce n'est pas comme si on pouvait en faire deux comme moi, si je n'existais pas, il aurait fallu m'inventer. Qui a rigolé? Non mais sérieusement, qui?!

Malgré la scène présente, au milieu de ce temps éreintant et de tous ces morts, c'est avec un sourire en coin et un brin d'amusement que j'y faisais face. Ce n'est clairement pas un jour pour mourir, alors je ne mourrai pas! Chut, taisez-vous...! J'essaye de me convaincre moi-même... Et puis j'ai des tas de choses à faire encore, je suis trop jeune!
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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Lun 27 Jan - 18:09:47





















  Sous la pluie de Junon








Décidément, on a à peine le temps de dire ouf ici. J'avais tout juste fini ma phrase que Veld arriva avec une jeune femme; vu sa couleur de cheveux et ses yeux, c'était sans doute la fameuse Elena.


Nous étions en train de nous concerter sur que faire avec les dragons quand la WRO débarqua avec la quasi totalité de ses effectifs pour les contrer. Je ne pus m'empêcher de lâcher un soupir amusé; même s'ils avaient débarqué avec l'artillerie lourde, ils restaient à une certaine distance des dragons, certainement pour nous laisser "parlementer" avec eux et intervenir en cas de grabuge. J'étais en train de regarder Veld en attendant ses ordres quand un des dragons se transforma en être humain en tenue d'Adam... Comme quoi on voit toujours des choses étranges quand on poursuit Hojollander.

 La déclaration du nudiste des Bermudes m'arracha un sourire; aucun mal, sérieusement ? Et les villageois massacrés et le village en ruine, qu'est-ce que c'était ? Des "dommages collatéraux" ?
Visiblement Reno était de mon avis mais attendez deux secondes, Reno était sérieux ?! Cela faisait combien d'années que je ne l'avais pas vu ainsi ? Je comprenais mieux pourquoi il pleuvait mais bref, revenons à nos dragons.

J'allais répondre à Reno quand une sonnerie de portable déchira le vrombissement des véhicules et de la pluie. Veld le décrocha aussitôt et partit dans une conversation plutôt animée. A mesure que l'appel approchait de sa fin, Veld prenait une tête de plus en plus grave si bien qu'une fois qu'il avait fini, je ne pus m'empêcher de lui dire :

 - Il se passe quelque chose de grave ? 

 Il lâcha un profond soupir avant de nous expliquer qu’un de nos informateur avait visiblement repéré des activités suspectes non-loin d’ici et qu’il y avait de forte chances pour que soit nos chers scientifiques. Il ajouta qu’il devait aller voir de quoi il s’agissait avant que la « piste » ne s’échappe malgré l’importance des événements qui se tramaient ici. Il confia à Reno et à moi la charge de l’enquête ainsi qu’Elena et demanda de régler cette histoire au plus vite avec la WRO et s’en alla tranquillement  sous la pluie.

 Un silence de mort régnait depuis que Reno avait parlé ; il était temps de le briser. Je lâchais un léger soupir et lui répondit ;

 - De la chance ? Ca me parait un peu gros, non ? Surtout que s’ils étaient des expériences de ses deux savants fous on serait certainement mort à l’heure actuelle ou alors ils ne seraient pas là…

 Je jetai un regard de biais à l’homme dragon. Même si il restait stoïque, ses lèvres avait viré au bleu et il ne tarderait certainement pas à faire une hypothermie si on ne l’emmenait pas vite à l’intérieur. Mais le vrai problème restait l’autre dragon. On ignorait s’il pouvait se transformer comme son acolyte ou non ; d’autant plus qu’il n’avait pas l’air autant docile que l’autre. Bah, il valait mieux tenter le tout pour le tout. Je me tournai vers Elena et Reno et je leur demandai :

- Et si on les emmenait au QG de la WRO ?







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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Mar 4 Fév - 16:51:49

Nous étions en train de parler pour savoir quoi faire vis a vis des dragons... mais bon faire un truc a des dragons c'est comme de l'eau qui glisserait sur une feuille à nous quatre c’était presque inutile et perdu d'avance. J'avais pas vraiment envie de mourir bêtement ... et la je tournai la tête un instant quand je vis la WRO débarquer, a mon avis vu le nombre il avait presque tout leur groupe ici... c'est sur que vit les deux bestiaux c’était pas de refus. Mais bon après un moment je ne les voyait pas faire grand chose... je pense comme les autre d’ailleurs qu'ils attendaient qu'on tente un truc...Cissnei regardait Veld, moi j'avais plus mon regard sur Reno car j'avais plus confiance en lui.. enfin peut être que Veld aurait une idée lumineuse et à l'instant ou je voulais ouvrir la bouche pour demander ce qu'on allait faire à part rester la à regarder le spectacle l'un des deux dragon repris forme humaine... nu en plus.. génial pourquoi y a toujours des trucs comme ca qui nous arrive.


Nous étions la tout les quatre à écouter le monologue de cet homme qui exposait sa nudité. A la fin de son explication j'aurai eu envie de lui défoncer la tête... genre aucun mal, il était sérieux dans ce qu'il disait ? Et le spectacle autour la des maisons démolies et en feu.. les corps des gens ? Je pense que vu la tête de tout le monde on pensait tous la même chose.. Je parcourais le visage de Reno d'un regard et le voyait avec son air sérieux, je n’étais pas étonnée vu ce que nous avions partager au paravent..

Je vis que Cissnei voulu dire quelque chose, mais une sonnerie de portable vint briser son geste. C’était celui de Veld qui s'empressa de décrocher. La conversation semblait vraiment intéressante vu les gestes qu'il faisait en s’excitant au téléphone. A ce moment je lui lançai assez dépitée :

-C'passe quoi ?

Cissnei et moi avions demandez la même chose.. on le regardait attendant sa réponse. Il nous expliquait que d’après la personne au téléphone ils avaient repérer des activités suspecte prés d'ici. Donc il allait partir voire lui même pour ne pas laisser la piste s'échapper. Ouai donc il se casse et nous on reste ici avec les deux écailleux... enfin un écailleux et l'autre demi... Après nous avoir demander de prendre les reines de la mission et de s'occuper de la WRO il disparut sous la pluie.. çà faisait presque théâtrale vu la situation... Enfin soit.. je ne savais pas trop quoi faire et après ce que Reno venait de dire nous ne savions pas vraiment quoi faire quand Cissnei rompait le silence. J'approuvai ce qu'elle disait..

-Je suis du même avis qu'elle... ca me parait un peu gros aussi vois tu..

Je répondais tout en fixant Reno droit dans les yeux.. puis je reportai mon regard sur Cissnei qui semblait fixer l'homme dragon. Je suivis donc son regard et vis que l'homme commençait à passer en mode bleu.. c'est sur que vu le temps et sa tenue inexistante il devait avoir froid.. j'allais ouvrir ma bouche pour proposer de l’emmener ailleurs quand Cissnei brisa le silence pour proposer pareil. Décidément on était sur la même longueur d'onde elle et moi.

-Ouai emmenons le et on verra pour le reste.. car sinon il va nous crever entre les doigts et on pourra pas lui demander plus d'information.. puis je pense que lui seul peut calmer l'autre...
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Chibie


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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Dim 9 Fév - 14:56:33



Sous la pluie de Junon...


Chibie



La menace nous encerclait maintenant de toute part, des humains déferlaient de tous les coins de rues, et pas seulement. Bientôt, dans l’écho lointain de ruelles éloignées, des bruits de moteur parvenaient à percer les derniers cris affolés de la population, qui s’enfuyait loin d’ici désormais. Cela n’annonçait rien de bon. Ce bruit avait quelque chose de très lourd, et plutôt roque. Je n’avais jamais rien entendu de tel jusqu’à présent. Certainement parce que dans mon monde, de tel engin n’existait pas. La peur montait toujours un peu plus en moi. Ce sentiment me rendait des plus impulsive, faisant monter la pression toujours un peu plus. Les petits hommes criaient, hurlaient, profanant des menaces ridicules. Il était pourtant clair, qu’ils étaient tout aussi apeurés que nous. Enfin… Impossible de savoir si Leï’Daen lui avait peur. Il restait d’un calme remarquable. Même ses yeux semblaient d’une sagesse imperturbable. J’aurais tout de même aimé connaitre le fond de ses pensées. Lorsque soudainement, quelque chose d’impensable se produisit. Je vis devant moi mon camarade se transformer, en cette chose hideuse, à l’image des hommes. Cette punition, elle nous avait été donné il y a maintenant longtemps, mais je n’arrivais toujours pas à l’accepter. Probablement parce que je refusais d’accepter mon passer. Pourtant, chaque fois que nos corps puissant, se transformait en une si petite chose, fébrile et tellement fragile, la réalité n’était que plus dur à admettre. Nous étions damnés.  

Leï’Daen était maintenant l’un des leurs, se mettant même dans une position totalement humiliante. Il implorait nos ennemis de grâce, obligé même de se soumettre devant eux. Les humains ne semblaient pas réellement convaincus, mais je n’avais pas encore suffisamment étudié leurs expressions faciales pour en être certaine. Ce que je savais en revanche, c’est qu’ils étaient encore un peu dociles. Ils avaient les sourcilles froncés, un air plutôt fermé, voir peut être même sévère. Je m’inquiétais un peu pour Leï’… S’il continuait de s’approcher d’eux de la sorte, il n’était pas à l’abri d’un de leur tir. Seulement il n’avait plus ses écailles épaisses pour le protéger. Je le surveillais donc d’un œil très méfiant, intensifiant mes grondements et montrant les crocs, afin de mettre en garde les humains, au cas où ils avaient quelque chose de stupide en tête. Je ne savais absolument pas comment Leï’Daen avait fait pour se transformer aussi rapidement. A moi, il me fallait une concentration intense avant de réussir à quelque chose. Mais il faut dire que la situation actuelle ne lui avait peut-être pas laissé le choix. Remarque, nous aurions pu fuir, car s’envoler dans les airs n’était pas si compliqué pour deux dragons aussi puissants et majestueux que nous. Mais la peur me paralysait désormais au sol. Leï’Daen l’avait surement comprit, et il se sacrifiait désormais pour ma sécurité.

Alors que le petit groupe d’hommes habillés de noir semblaient visiblement débattre de notre sors, mon camarade en profita pour se tourner discrètement, et lentement vers moi. Il me jugea de son regard calme, avant de hocher doucement la tête, d’un air réconfortant. Qu’attendait-il de moi exactement, il m’incitait surement à me calmer dans un premier temps, du moins, le supposais-je. Comment pouvais-je me calmer avec autant de misérables autour de moi ?! Lui avait bien réussit. Mais je n’étais pas lui. Je n’avais pas sa sagesse et son expérience. J’étais tout le contraire de ce qu’il était. J’étais impulsive et colérique, dangereuse et apeurée. Il le savait pourtant, c’était trop me demander. Mais il insista, me faisant signe de la main désormais. Il baissait sa paume à plat en direction du sol, d’un geste gracieux et lent. Devant un tel spectacle, les hommes autour de nous, devaient très certainement croire à un dressage de bête sauvage en plein cœur de Junon. La bonne blague. Mais il faut reconnaitre qu’il était assez doué. Il n’avait pas besoin de me parler pour me communiquer toute sa sagesse. Tout était dans la gestuelle. Il n’avait peut-être pas d’autres choix cela dit, avec toutes les armes pointées sur lui. C’était décidé, il fallait que j’y mette du mien, sinon il allait finir par se faire tuer, à cause de moi. Je ne voulais pas être responsable de sa mort. Je ne voulais plus qu’un membre de mon espèce meurt par ma faute…


Après un dernier grognement plus sourd, remplit de plainte, je refermai mes ailes un peu plus sur moi, cachant bientôt ma gueule à l’intérieur. Je refermai ensuite délicatement les yeux, afin de me concentrer, ou du moins essayer. Le bruit était pourtant toujours aussi intense autour de moi, ce qui me rendait la tâche plutôt difficile. Mais je devais y arriver, je n’avais le choix, pour notre sécurité, pour celle de Leï’Daen. Je me mettais également en danger comme ça, exposé de la sorte, complètement aveugle. Je devais faire vite. J’étais vulnérable. Mais je le serais probablement encore plus une fois transformé. J’espère que Leï’ savait ce qu’il faisait. J’aurais aimé entendre sa voix murmurer en moi, afin qu’il me réconforte, et qu’il m’assure protection. J’avais si peur.

Les minutes passèrent, d’une lenteur insupportable. C’était une vrai torture tout ça. Qu’est-ce que je faisais là ? Pourquoi, pourquoi tout ça ? La pression montait en moi, alors que ce n’était pourtant pas le but recherché à la base. Mais au moins, je ne me rendais pas vraiment compte, que je me déconnectais, au fur et à mesure de la réalité. Je m’enfermais dans un cocon remplit de cauchemars et d’horreurs, ou régnait en maître la fureur. J’en vain à me demander à quoi aurait bien put ressembler ma vie sans se poison dans mes veines. Aurais-je été la même ? Surement pas. J’aurais peut-être même put être gentille, qui sait. J’aurais pu être quelque de bien ? Personne ne le saurait jamais, moi encore moins. Ce que je sais en revanche, c’est que ma mère serait peut-être toujours en vie à l’heure qu’il est. Comme je haïssais Jenova. Tout ça, c’était de sa faute. Elle avait détruit mon univers, tuée tous les miens, réduit à néant tous les prestiges d’une civilisation. C’était un monstre. Et elle avait fait de moi un monstre, aussi.

Plongée dans mes pensées, je ne remarquai pas alors que le processus avait enfin commencé. Mon corps rapetissait à vue d’œil. Mes écailles noires étaient troquées contre une peau affreusement blanche et froide. J’avais très froid en effet. Le sol était maintenant bien moins bas, j’y étais même allongée. Les jambes recroquevillées sur mon corps, enlacés par mes bras. Mon visage, désormais humain, était toujours caché, à l’intérieur de mes bras. Mes cheveux ondulaient le long de mon dos, au rythme de la pluie. Ils ne tardèrent pas à être complètement trempés. Alors, les tremblements recommencèrent, saisissant et frigorifiant. J’avais l’impression de fondre, à chacune des gouttes d’eau qui harcelait ce petit corps fragile. Le froid allait me tuer, c’est à l’évidence ce qu’il y avait de plus dangereux une fois cette nouvelle peau d’habillée sur moi. Je me concentrais maintenant sur ma survie. Je ne voulais pas affronter le regard de ceux qui m’entouraient. Je ne voulais pas les voir s’approcher de moi et s’emparer de ma personne avec facilité. Je me sentais si faible, et complètement démunie. J’étais encore plus vulnérable que Leï’ désormais.


Je m’en remets donc à toi. Puisses-tu me protéger avec ardeur. Ne les laisse pas nous faire du mal. Ne les laisse pas nous emmener… Je t'en pris, j’ai peur. Sauve-moi. Sors-nous de ce calvaire.



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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Mar 1 Avr - 23:49:16



~Sous la pluie de Junon ~




   Les hommes nous encerclaient par centaines, pointant vers nous des ustensiles étranges que je soupçonnais être des armes, un mélange de terreur et de haine glissant sur leurs visages avec la pluie. La personne m'ayant coupé dans ma tirade était un jeune homme aux cheveux flamboyant, et bien que je ne put finir ma diatribe, elle eut l'effet escomptée de gagner du temps. Je ne prêtais que peu d'attention maintenant aux humains menaçants face à moi, et me retournais lentement vers Chibie, le visage serein afin de la rassurer du mieux possible. Mais ce n'était pas une mince affaire. La dragonne était effrayée, et la peur exacerbait sa colère. Recroquevillée sur elle-même, elle dévoilait sa rangée de crocs tranchants sur un grognement haineux. Voulant la rassurer dans un premier temps, je hochais la tête afin de lui faire comprendre qu'elle n'aurait rien à craindre si elle se montrait plus coopérative. Je lui envoyais alors des ondes de réconfort, afin de la calmer quelque peu. Il fallait qu'elle aussi prenne forme humaine afin de tranquilliser les hommes. Il leur serait certainement moins aisé de pointer de tels engins sur des personnes de leur espèce, ou du moins, ayant la même apparence qu'eux. Ma protégée semblait comprendre mon souhait, mais n'était pas assez réceptive pour accéder à la demande. Je ne pouvais lui en vouloir. Les humains, bien que petits et faibles, étaient imprévisibles, et nul n'aurait su dire s'ils allaient nous exécuter directement ou se montrer plus compatissants. Mais il était plus dangereux encore que de rester sous forme draconique, notre taille imposante intensifiant la peur de nos interlocuteurs.

   Baissant la main d'un geste rassurant, et pourtant, assez autoritaire pour qu'elle accède à ma demande, je pressai Chibie de se laisser glisser à la malédiction qui coulait dans nos veines. C'était dur, surtout pour elle, mais il le fallait. Sur un dernier grognement, sa conscience fondit dans des pensées tortueuses, et sa masse obsidienne laissa douloureusement la place à un corps fragile et inerte. Les membres repliés autour d'elle, sa longue crinière bleue plaquée contre son corps par la pluie battante, elle semblait si chétive, elle était si vulnérable. Laissant pour de bon les troupes humaines à leurs activités, je me ruais vers elle aussi vite que mes membres engourdis par le froid me le permettaient, trébuchant à deux reprises sur le sol bourbeux, me laissant littéralement tomber près de ma protégée. Je la pensais évanouie, mais bien que ses paupières soient clauses, je pouvais sentir l'éclat de sa conscience angoissée près de moi. Je la pris alors dans mes bras, la relevant contre mon corps, collant nos deux peaux nues l'une contre l'autre dans l'espoir futile de la réchauffer.

"Chibie?"

   Appelais-je alors doucement en dégageant une épaisse mèche bleue de son visage. Nous tremblions tous les deux, frigorifiés sous la pluie glaciale qui n'avait aucune pitié pour nos deux âmes esseulées. Nous n'avions plus rien d’impressionnant, ou de menaçant dès à présent. Nous étions faibles, nous étions désarmés face aux représailles des humains. Mais l'état de la dragonne envahissait pleinement mes pensées, l'hypothermie m'empêchait de réfléchir correctement, mes yeux étaient rivés sur sa peau opaline et bleutée et mon corps crispé contre le sien. Je sentis à peine le tissu jeté sur mes épaules, lorsque les hommes s'approchèrent de nous, tournant mollement la tête vers eux avant de m’apercevoir qu'ils tentaient de nous séparer. Nous n'avions pas la force de lutter, et bien que mon organe de pensées était congelé, je savais qu'il était plus sage de ne montrer aucune résistance. Mais je ne voulais la laisser entre les mains de ces dangereux personnages, elle était ce que j'avais de plus précieux à protéger. Enroulant mes bras autour de son corps dans une étreinte inébranlable, je tournais un regard ferme et menaçant vers nos assaillants, laissant échapper un grondement rauque, bien moins impressionnant ceci dit que sous ma forme originelle. Puisant dans une volonté indéfectible de protection, je trouvais la force de me relever en soutenant le corps de la dragonne. Mais la brutalité des hommes semble être sans limite, et ils arrachèrent la jeune femme à mon étreinte avant de me maintenir dans une douloureuse  position, passant des anneaux de métal à mes poignets. Chibie ouvrit alors les yeux dès lors qu'on la sépara de moi, contractant et courbant son corps dans de dangereuses ruades, se débattant tel un chaton terrorisé, griffant, mordant ce qui passait à sa portée en hurlant à pleins poumons. La colère et la peur embrouillaient son esprit, surmontant sa conscience et sa capacité de réflexion. Ce n'était clairement pas la meilleure méthode qu'avaient choisi nos adversaires pour nous maîtriser, mais qui aurait pu prévoir la réaction de la jeune femme aux cheveux bleus ?

"Chibie, calme toi!" Criais-je d'une voix éraillée, et malheureusement peu audible. "Ne la brutalisez pas!"

   Mais cela n'avait que peu d'importance. L'un des quatre soldats tentant de la maîtriser lui asséna un violent coup de bâton à l'arrière du crâne, la plongeant dans le silence  et le calme de l'inconscience. Un filet de liquide rouge ruisselait sur sa nuque, empoissant sa crinière marine en mèches sombres. Mon corps se crispa tout entier dans un sursaut d'angoisse et de colère.

"Non!"

   Fut le dernier mot que je put hurler avant de sombrer à mon tour dans un coma non désiré.

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MessageSujet: Re: Sous la pluie de Junon. {Libre}   Aujourd'hui à 5:09:02

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