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 Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI

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Sephiroth
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MessageSujet: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Mer 9 Juil - 22:36:58


Sephiroth






Quand l'ombre frappe...

C’est aujourd’hui une belle journée ensoleillée qui brille sur Midgar. Le soleil est bien haut dans le ciel, traduisant une heure avancée de la journée. Pas un nuage ne vient perturber cette éternité de bleu, qui englobe cette terre aride avec grande mélancolie. Tout est calme, d’apparence. La ville semble avoir passé un pacte secret avec les forces de Deepground, qui rôdent toujours dans les ruines de l’ancienne tour Shinra. Comment se fait-il qu’Edge tienne encore debout ? C’est là un mystère des plus intriguant. Les habitants commencent même à apprendre à vivre avec leur peur. Ils l’appréhendent, se préparent. Ils ont les yeux rivés sur un adversaire qui, pour le moment, n’a pas l’air de vouloir s’occuper d’eux. Je vous le demande alors. Ont-ils bien raisons, tous ces hommes, si ignorants, de regarder vers cet horizon ? Ne remarquent-ils donc pas, un danger bien plus noir, approcher depuis le nord ?

En effet, il suffit pourtant de lever le nez vers les petites montagnes désertiques de Midgar. Bien plus au Nord. Au-delà de cette nouvelle citée, construite par les rescapés d’autrefois. Au-delà de la vieille ville en ruine. Au-delà de cette immense tour de désolation. Là-bas, au loin, les indices ne manquent pourtant pas. Là-bas, au loin… Le ciel semble crier l’alerte. Oui, il n’est pas tout à fait pareil, c’est vrai, maintenant qu’on y regarde bien plus prêt. Regardez bien. On y voit comme une épaisse tâche d’encre, opaque et menaçante, grignoter cet horizon bleuté. Ça ressemble à un virus, qui se répand, et coule dans les veines du ciel. Oui, il y a bien quelque chose là-bas. Ça continu d’avancer vers la ville, lentement, mais surement. Mais ce n’est pas tant le ciel qui est dangereux. C’est plutôt cette ombre, ce corps sans âme qui avance, dont il faudrait se méfier. Ce fantôme ressuscité, il semble porter la marque des ténèbres sur lui. Son passage ne passe jamais inaperçu, et pourtant, personne encore ne l’a encore rencontré pour de vrai. Ceux qui ont eu cette malchance, ne sont plus de ce monde pour en témoigner. Les légendes courts autour de lui, autour de ce ciel sombre qui le suit partout où il va. C’est comme sa signature. C’est inquiétant, et ceux qui aperçoivent cette ombre, ce trou dans le ciel, savent que le malheur approche vers eux.

On le surnomme l’ange noir, l’ange déchu, ou même, le cauchemar. Certains l’appel même la faucheuse, car il apporte la mort partout où il passe. A vrai dire, on le gratifie de beaucoup de surnoms, tous aussi glauques les uns que les autres. Il est bien connu, très bien connu… Mais tout le monde le pensait mort. Sauf qu’on ne peut pas tuer la mort elle-même. L’homme en noir approche. Il est enfin sorti de son antre. Pour la première fois, il s’aventure sur le continent. Cela va faire bien trop longtemps qu’il était coincé dans le Nord, dans la neige et le froid. Cela va faire bien trop longtemps également, qu’il n’a pas touché au plaisir d’un massacre sanguinaire. Il en meurt d’envi, il tressaille de plaisir à l’idée d’un bain de sang, de découper la chair de victimes innocentes. Mais hélas, il n’est pas là pour ça. Heureusement, me direz-vous ? Ça reste à voir. Il ne sort jamais pour une simple promenade de santé. La raison de sa présence à Midgar est simple : il cherche quelque chose. Jenova, sa Reine, sa mère, lui a confié une mission de la plus haute importance. Pas le temps de massacrer des innocents cette fois. Alors oui, heureusement, vous pouvez le dire. Mais il y aura quand même des victimes dans cette histoire. Car l’objet de sa quête et de ses recherches, sont bel et bien des êtres vivants. Des êtres possédants un savoir qu’il est impensable de laisser filer entre les mains des hommes. Il faut à tout prix récupérer ces fugitifs, coute que coute.

Sephiroth, tel est son nom. Il marche depuis des jours dans cette étendue désertique. Il pourrait voler, mais les pistes sont bien plus exploitables au sol que dans les airs. De plus, cet orage noir ne le lâche pas un instant. Il apporte le mauvais temps avec lui il faut croire, depuis le cratère Nord. La poussière qui l’entoure est d’ailleurs assez aveuglante. Mais il reste totalement imperturbable, marchant bien droit, la tête haute et le regard défiant l’horizon. Il marche noblement, presque calmement. Est-ce qu’il prend son temps ? Peut-être bien. Il sait qu’il n’est plus très loin de son but de toute façon. Il sent la présence des fugitifs. C’est comme un appel familier. En effet, les traitres portent en eux les gênes de Jenova. Il est donc très facile pour l’argenté de les repérer.

Notre homme arrive bientôt au sommet d’une colline, d’où il peut aisément contempler la plaine qui s’étend devant lui. Son regard est attiré par le sol, ou fanes de petites fleurs jaunes. Sephiroth fronce brièvement les sourcilles. Il y a quelque chose qu’il n’aime pas dans ces fleurs-là. De toute façon, elles sont en train de mourir. Alors bon, il se concentre donc de nouveau sur l’ancien Midgar. Il lève la tête, lentement, pour admirer les ruines de la tour Shinra. Voilà bien longtemps qu’il n’est pas venu là. Si l’homme était encore pourvu de sentiments, il éprouverait certainement une certaine mélancolie.  A voir peut-être même, de la peine et de la rancœur, pour cette ville de traîtres et de menteurs, dans laquelle il a servi de nombreuses années. Mais ce temps-là est révolu depuis longtemps, et tout comme ses sentiments, son passé s’en est allé avec tout le reste. C’est un regard vide, qui fixe là l'horizon grisé. Pourtant, multitudes de tentations l’appelle là-bas au loin. Il y a d’abord, Deepground. Oui, Deepground et son armée, ainsi que ses leaders. Ce groupe titille sa curiosité depuis longtemps. Il aurait aimé aller les rencontrer. Puis, il serait également volontiers passé rendre une petite visite à un vieux camarade. Mais tout cela lui était impossible hélas. Tout autant que le pillage et les massacres. Il fallait éviter la ville.

Le bel homme continua toutefois son chemin en direction de cette dernière. Oh il en était encore bien loin, et il n’y pénétrerait jamais. Mais il lui fallait encore s’approcher, car c’est de là, qu’émanait ce signal si particulier. Les fugitifs étaient là-bas, quelques part. Une mission était une mission. Encore plus importante lorsque celle-ci venait de Jenova elle-même.

Sephiroth marcha encore longuement. Il vit passer deux nuits, au court desquelles, il sentit étrangement ses proies s’éloigner de la ville. C’était si soudain. Cela le frustra presque, mais il en fallait bien plus pour irriter le grand soldat d’argent. D’ailleurs, ce petit revirement avait du bon. L’argenté put contourner la ville. Bien que cela était d’autant plus une bonne nouvelle pour les habitants de Edge, que pour Sephiroth lui-même. Il se dirigeait à présent vers l’océan. Il avait même augmenté un peu l’allure, car il savait que plus ses proies se rapprocheraient de la mer, plus leurs traces seraient difficiles à pister. C’était un bon traqueur, il ne tarderait bientôt pas à leur tomber dessus. Il fallait à présent se montrer discret. Le cauchemar prit quelques instants de son précieux temps, pour effacer toute trace de sa présence malsaine sur ces vastes terres. C’est ainsi que cette percée noire au milieu du ciel, diminua progressivement, jusqu’à totalement disparaitre, emportant avec elle le mauvais temps. Les bestiaux que Sephiroth traquait n’étaient pas dupe, ils remarqueraient à coup sur ce changement soudain de météo. A vrai dire, ces bêtes-là étaient plutôt malignes, et très observatrices, surtout vis-à-vis des indices envoyés par la nature elle-même. Elles allaient forcément savoir que quelque chose de mauvais se tramait tout prêts d’elle. Un nuage noir et aussi menaçant, ne s’efface pas comme cela en toute normalité. Le danger était bien réel, et il se rapprochait de plus en plus de ses victimes. Elles le savaient. Mais étrangement, peut-être bien que c’était le but recherché par Sephiroth.

Le matin suivant, la persévérance du soldat finit par payer. Tous trois étaient à présent au bord des falaises escarpées, écorchés par la mer, qui déchainait sa colère trente mètres plus bas. Le cauchemar lui, était tapi dans l’ombre, comme cela lui allait si bien. Il avançait, à pas de velours, entre les roches, discrètement, tel un prédateur en chasse. De graves grognements roques, un peu plus loin, lui indiquaient sournoisement la direction à suivre. Il arriva enfin, juste au-dessus d’eux, perché à quelques mètres, caché entre les roches. Il se tint alors en embuscade, se mettant silencieusement à genoux pour les observer. Ces deux gros et imposants bestiaux. Des balaises de lézards, cracheurs de feu, aux griffes acérés et aux ailes puissantes. Un corps parfait et musclé. Une telle puissance. Oui, de sacrées bêtes. Bien trop pour un seul homme. Mais pas n’importe quel homme ici. Pas un homme tout court à vrai dire. Non, ici c’était Sephiroth. L’argenté demeura immobile un long moment, prenant d’abord le temps d’observer ses adversaires, de les identifier et de cibler leurs points faibles. On raconte que nulle lame ne peut trancher la peau d’un dragon. Masamune saurait-elle briser cette stupide légende ? Les écailles d’un dragon sont plus fines autour de son ventre. Si l’argenté visait bien, peut-être pourrait-il atteindre le cœur des bestiaux. La plus petite serait facile à avoir. Elle ne ferait pas long feu. En revanche, l’alpha était nettement plus imposant. Taillé pour combattre, et pour tuer. Une bête vraiment impressionnante, tout autant que noble. Sephiroth se disait qu’il serait bon de le garder pour la fin. Car une fois sa protégée de tué, l’alpha perdrait surement ses moyens, et serait plus dissipé lors du combat, donc, plus facilement atteignable. Les choses iraient assez vite.

De si belles créatures pourtant… Quel dommage qu’elles aient refusé de prêter allégeance à Jenova. Maintenant, elles allaient mourir. Leur savoir avec elles.


......








Dernière édition par Sephiroth le Ven 12 Sep - 17:55:30, édité 1 fois
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Chibie


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MessageSujet: Re: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Mer 6 Aoû - 17:03:16



Quand l'ombre frappe...


Chibie




suite de - The price of Freedom is steep -

L’ambiance était froide entre mon collègue et moi-même, depuis que nous avions quitté la ville d’Edge. Ce n’était pas particulièrement électrique en fait. Nous étions probablement, simplement gênés de la situation. De ce qui c’était passé ces dernières semaines. Beaucoup de choses nous étaient arrivés. J’avais pratiquement détruit une ville d’humains. Ceux-ci nous étaient tombés dessus, et nous avaient capturés, nous mettant aux fers comme de misérables bêtes qu’ils pensaient que nous étions. Nous avions été plus ou moins mal traités, il ne faut pas oublier de le dire. Le plus dur dans tout ça, fut d’avoir été séparé de Leï'Daen. Je m’étais alors retrouvée livrée à moi-même, seule dans le noir et la peur, à devoir réfléchir par mes propres moyens. Ce que je n’avais jamais été habituée à faire. Depuis ma naissance, jamais une seule fois, je n’avais fini seule et vulnérable. J’avais toujours trouvé compagnie pour veiller sur moi. Alors ce long moment de solitude, aux mains des hommes, fut plus qu’épouvantable pour moi. Heureusement, j’avais fini par réussir à m’échapper. Non sans mal et sans blessures… Je m’étais alors réfugié dans un drôle de centenaire, ou m’avais trouvé cette petite humaine aux cheveux d’or. J’avais bien eu de la chance ce jour-là. Elle m’avait ramené chez elle, m’avait soignée, nourrit, et habillée. Aujourd’hui encore, les raisons qui l’ont poussé à faire ça me restent inconnus. Elle m’avait même aidé à libérer Leï'Daen. Je dois admettre que cette petite chose m’avait plus ou moins épaté. Disons qu’elle avait du talent, pour un microbe de son espèce. Je lui devais beaucoup, à commencer par ma vie, et celle de mon camarade.

À notre départ d'Edge, Lei’ m’obligea d’ailleurs à lui raconter tout ça. Ce qui c’était passé, comment avais-je réussi à m’échapper, comment avais-je rencontré Or, comment était-elle et comment me traitait-elle. Beaucoup de questions. Des questions justifiées certes. Mais avec ma bonne humeur naturelle, j’avais rapidement fini par l’envoyer bouler. Il avait toujours cette fâcheuse façon de me faire la morale. De passer pour le plus sage de nous deux, le leader. Parfois, il se conduisait un peu trop comme un père à mon égard. Mon père était mort, il y a bien longtemps, et je n’avais même d’ailleurs jamais su comment. Voilà un sujet que l’on s’évitait Leï' et moi. Parler du passé… Nous n’étions pas encore prêts pour cela. Toujours est-il, qu’il avait beau jouer les grands cœurs, c’était quand même moi qui avais fini par nous sortir de ce pétrin lui et moi. Nous n’aurions jamais dû nous rendre aux hommes. Nous aurions dû partir ce jour-là. Nous pouvions voler, eux non. De toute façon, il était trop tard pour revenir là-dessus à présent.

Depuis mon petit saut d’humeur, le silence était de rigueur. Nous avancions au sol, ce qui était nettement plus fatigant et compliqué pour des êtres de notre espèce, qui sont faits pour gouverner le ciel. Mais Leï', dans sa sagesse démesurée, avait cru bon de rester discret en rampant sur terre, plutôt que de voler et risquer d’attirer les regards. Hélas, le mal était pourtant déjà fait. Il y avait toujours cette tache sombre, au loin dans l’horizon, qui s’avançait toujours plus près de nous. Elle avait quelque chose d’inquiétante. Je me sentais stressée à chaque fois que je levais les yeux vers elle. Ça avait une drôle d’odeur… Une odeur de danger, et de mauvais présage. Leï'Daen aussi l’avait remarqué. Lui aussi levait plusieurs fois les yeux vers elle, comme pour la surveiller. Nous augmentions d’ailleurs toujours un peu plus l’allure après ça, au point de même laisser passer la nuit, sans prendre le temps de nous reposer un peu. Je commençais à fatiguer un peu. J’avais surtout très faim, mais la chasse ne semblait toujours pas à l’ordre du jour. Lei’ éveillait toutefois scrupuleusement sur ma santé. Il pensait que je ne le voyais pas, mais son inquiétude pouvait se lire à des kilomètres. Lui aussi était faible. Il n’avait probablement rien dans le ventre, et venait de passer une salle moment en compagnie des hommes, attachés tout le long de sa captivité. Mais il ne se plaignait pas. Alors, par fierté, j’en faisais de même.

Nous étions en pleine après-midi, et nous marchions toujours. Vers où ? Je ne sais même pas. Je me contentais de le suivre. Après tout, c’était lui le leader. Je ne voulais pas non plus le lui demander, parce que mon silence et ma crédibilité en seraient ridicules après ça. Toujours est-il, qu’il faisait une chaleur de plomb. Nous marchions en plein désert, avec des coins d’ombres qui se faisaient rares. Et quand bien même on en trouvait, ce n’était que pour s’y arrêter quelques minutes. À l’une de nos petites pauses, Lei’ finit par finalement briser le silence, en me demandant si j’allais bien. Après une moue boudeuse, je lui répondis tout de même. Il semblait content d’entendre le son de ma voix. Ça me mettait mal à l’aise pour ma part.

Après plusieurs minutes, nous reprîmes la route. La tâche noire toujours à nos trousses. Elle se rapprochait, et je savais à présent, que ce n’était pas une simple tempête ordinaire. Elle commençait à me faire vraiment peur. Je ne savais toujours pas ce que c’était, mais ma curiosité avait beau être forte, mon instinct de survie l’était encore plus. Et actuellement, il me disait d’éviter cette chose, coute que coute. Leï’Daen avait beau être à mes côtés, je ne me sentais pas en sécurité ici. Au loin, on pouvait apercevoir l’océan. Nous n’étions plus très loin des côtes. Leï’ prévoyait-il de nous faire voyager au-delà des mers ? Avec les tempêtes environnantes, ce n’était pas très raisonnable. Mais peut-être fallait-il s’engouffrer dans le danger, pour en fuir un autre.

« Ou est-ce qu’on va, Leï’ ? »

Demandais-je finalement après plusieurs heures de marche. La curiosité avait fini par avoir raison de moi. Parler permettrait aussi de détendre l’atmosphère. Mais hélas, mon camarade n’était pas très divertissant. Il radotait toujours les mêmes choses, les mêmes objectifs.

« Notre destination n’a pas changé, Chibie. Nous devons rejoindre le temple des Anciens, et tenter d’établir un contact avec les nôtres, qui voyagent dans le Cosmo. »

« Je croyais que tu voulais retrouver les éveillés ? Et les protéger comme jadis nous protégions les Cétras. »

«  Oui, nous le devons également. Mais les retrouver sera plus aisé si nous leur envoyons un signe. Si nous leur indiquons notre présence. S’ils descendent réellement des Cétras, alors je suis persuadée qu’ils entendront notre appel depuis le temple. Ils sauront alors qu’ils ne sont pas seuls. »

« Pff, ils n’ont peut-être pas besoin de nous. Peut-être même qu’ils se débrouillent encore mieux que nous ! Tu ne sais même pas à quoi ils ressemblent. Tu ne sais pas non plus ou vas nous amener cette quête. En vérité, je pense que tu as plus besoin d’eux, qu’eux n’ont besoin de toi… Avoue-le, tu es complètement perdu. Tu ne sais pas quoi faire, et tu espères qu’ils t’apporteront des réponses. »

Ma remarque jeta un froid sur notre conversation. Leï'Daen ne répondit point. Avec le silence, je pris moi aussi du recul, et prise conscience de mes dires. Quoi de plus normale, que d’être perdu, dans un monde qui n’est pas celui que l’on a connu. Nous devrions encore nous estimer heureux d’être à deux. Quoi que je sois davantage un fardeau pour lui qu’autre chose. En tout cas, lui dire tout ça était peut-être une erreur. Après tout, je n’étais pas mieux. Lui au moins avait un but, un objectif, un chemin à suivre. Je me contentais de le suivre aveuglément, secrètement persuadé qu’il nous tirerait de cette mauvaise blague. Il avait peut-être raison. Peut-être que nos semblables étaient là, quelque part dans l’espace, et qu’ils entendraient notre appel, et qui sait, ils viendraient même nous chercher. Il ne fallait pas trop délirer, mais après tout, un peu d’espoir ne ferait pas de mal. C’est bien tout ce qui nous restait, c’était notre dernière chance. L’espoir. L’espoir que ça réussisse. Oui, finalement, ce n’était pas si crétin que ça. Ça valait au moins la peine d’essayer. Ce n’est pas moi qui aurais été capable de trouver quoi faire en tout cas. J’aurais été une bien belle incapable, à sa place. Alors finalement, j’étais heureuse d’être à ma place, et que lui soit à la tienne.

Comme je ne connaissais pas les excuses, je m’y pris autrement. Lui donnant simplement raison dans sa thèse. Lui faisant l’honneur d’y croire. Je me mis alors à le questionner.

« Comment penses-tu qu’ils vont nous entendre ? Voudront-ils seulement venir nous chercher… C’est risqué. »

Il réfléchit un instant, avant de s’arrêter, et de tourner son imposant museau face à moi. Il plongea ses immenses prunelles dans les miennes, et me gorgea alors d’un espoir fou, et réconfortant. Il y avait là tant de puissance, et de sagesse dans ce regard. Mais aussi, une assurance sensée. Il savait ce qu’il disait, vraisemblablement.

« Nous sommes les descendants d’une grande, et noble lignée, Chibie. Ils viendront nous aider. »

« Mais… Ils nous ont pourtant abandonnés, la dernière fois… »

Il secoua le museau de manière négative.

« Erreur. Nous nous sommes sacrifiés… C’est différent. »

Je voulais le croire. J’espérais qu’il avait raison. Je ne connaissais pas grand-chose de Leï’Daen. Mais pour ma part, j’étais la fille d’un grand chef, j’étais quelqu’un d’important, non ? Ils viendraient nous chercher… Je l’espère.

La fin de la journée fut enfin là, ainsi que la mer, juste à nos pieds, en bas de la falaise. Nous touchions enfin au but. Un bref sentiment de soulagement m’apaisa la conscience. Un court instant seulement, car le danger n’était pas encore évité. Cette fois-ci, Leï’Daen décida tout de même de se reposer pour la nuit. Nous reprendrions la route demain. Il allait nous falloir beaucoup de force, pour braver les océans et ses tempêtes. Je n’étais pas mécontente de prendre un peu de repos. Et bien que je me couchai le ventre vide, je n’eus pas grand mal à trouver le sommeil. Comme un avorton, je me mis en boule, la tête emmitouflée sous mon aile. J’avais beau avoir belle allure, et jouer les grandes, j’étais encore bel et bien un simple petit bébé. Un grand, et gros bébé néanmoins. Ma mère me manquait toujours autant. Et c’est au moment de m’endormir, que je pensais le plus à elle. Ça me rendait toujours très triste. Voilà des millénaires que j’avais passés à hiberner dans le même glacier que Jénova, mais je n’avais jamais oublié le tambour de son cœur, que j’entendais raisonner chaudement, lorsque je blottissais contre elle le soir, et qu’elle me protégeait de ses grandes ailes blanches. Je me souviens du son de son ronronnement, qu’elle faisait pour me rassurer lorsque j’avais peur. Je me souviens de ses caresses, de son museau qui effleurait les miens, si fragile et encore si petit. Ma mère était morte trop tôt. Je n’avais pas eu le temps de grandir, pas eus le temps d’apprendre à me débrouiller seule. Et alors que je sombrais dans le sommeil, je sentis une perle chaude ruisseler le long de ma joue. Un dragon ne pleure jamais. Mais je n’étais pas encore un dragon. Je n’étais qu’un bébé, ayant perdu sa mère. De plus, tant que l’on ne me voyait pas, je ne choquerais personne. Mais au même instant où je me faisais cette réflexion, une présence se coucha à mes côtés, m’enveloppant sous son aile. Je n’eus pas le temps de me sentir embarrassée, le bébé que j’étais, s’endormit sans plus attendre. Cette nuit-là je rêvai de mon pays, de mes terres et de mon monde. De ces contrées ensoleillées et fleurit, verdoyantes de vie. C’était le paradis, je m’y sentais bien. J’aurais voulu ne jamais me réveiller. Ce rêve me semblait si réel. La fatigue m’avait emporté loin dans le pays du sommeil.

Le lendemain matin, Leï’ eut même du mal à me réveiller. Il me bouscula plusieurs fois, de son gros museau peu tendre. Naturellement, la première chose que je fis en ouvrant les yeux, fut de grogner d’un air très ronchon. Le deuxième grondement que l’on entendit, fut le bruit de mon estomac, qui réclamait de la nourriture. Mais j’allais devoir me passer de repas, encore pour aujourd’hui. Je pensais pourtant que Leï’Daen avait été chassé, j’étais un peu déçue. En vérité, il était encore très tôt. Le soleil était faible dans le ciel. Leï’ me réveillait pour tout autre chose. Il semblait plus stressé que d’habitude. Il avait l’air inquiet, et plutôt pressé.

« Chibie. Chibie lèves-toi. Nous devons partir. Dès maintenant. Aller, debout. »

Me répétait-il, alors qu’il continuait de me bousculer, m’encourageant à me bouger le train, comme on sait le dire si bien.

« Quoi ? Que se passe-t-il ? Pourquoi tu as l’air si inquiet, pourquoi es-tu si pressé ? »

« La tâche sombre, dans le ciel. Elle a disparue. Ce n’est pas bon. Il ne faut pas rester traîner ici plus longtemps… »

Quoi ? Était-ce possible ? Je vérifiai moi-même, levant les yeux au ciel. Lei’ avait raison, le ciel était de nouveau clair, sans aucune imperfection. Cette chose avait disparu. Un courant de terreur glaça mon sang devant cette vision. D’accord, cette tâche n’était pas le moins du monde rassurant, encore plus lorsqu’elle se rapprochait de nous. Mais ne pas la voir, était encore pire. Avant, nous pouvions plus ou moins estimer le danger, et le distancer. Mais là, que fallait-il comprendre ? Tout cela était bien loin d’être rassurant.

« Quand… Quand a-t-elle disparu ? »

« Je ne sais pas… Elle n’était déjà plus là, à mon réveil. Dépêches-toi. Quittons cet endroit au plus vite, lève-toi, debout. »

Je continuais pourtant de chercher dans le ciel, cette marque sombre. Qu’est-ce que c’était… ça ne pouvait pas avoir disparu comme ça, du jour au lendemain. Le stress prit le dessus sur ma vigilance et ma lucidité. Je n’écoutais plus Leï'Daen parler. Je ne l’entendais plus en fait. Je ne me sentais pas en sécurité, j’avais peur. Mes muscles semblaient paralysés, il m’était impossible de bouger.

« J’ai peur… J’ai peur. »

Finissais-je par lui dire, recroquevillant mon museau entre mes pattes avant. Il se calma, d’un seul coup, comme ça. Comprenant que me presser n’arrangerait pas la situation. Il fit alors quelques pas en arrière, pour me laisser respirer. Je sentis son souffle désolé, tandis qu’il baissait légèrement le museau vers le sol, les épaules lourdes d’un fardeau qu’il ne maitrisait pas encore. Il n’était pas si vieux que ça lui non plus, après tout. Il était encore jeune, bien loin de l’expérience de mon père. Il était encore inexpérimenté par moments. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Lui aussi avait surement peur, dans le fond. Avoir peur est normale, et cela arrive à tout le monde.

À présent plus calme, je rouvris lentement les yeux, plus sûr de moi. Leï'Daen attendait tranquillement devant moi, le regard sage et tendre. Je pris mon courage à deux mains, et mobilisai mes forces afin de me lever. Je sortis lentement de la grotte qui m’avait servi d’abri pour la nuit j’avançais d’un pas lent, hésitant, sur mes gardes. Le moindre bruit était aussitôt source d’inquiétudes. Chaque roché était suspect, chaque ombre, inquiétante. Leï'Daen finit par sourire légèrement.

« Il n’y a rien. Ne t’en fais pas. Tu peux sortir, tout va bien. »

Me rassurait-il de sa voix calme et apaisante. Alors je l’écoutai. Une fois dehors, je tournai tout de même le regard derrière moi, pour surveiller mes arrières, et profiter également de regarder le ciel, que je n’avais pas vu de ce côté-là. Il n’y avait rien. Il avait raison. Alors je fis de nouveau quelques pas, en sa direction, de nouveau plus tranquille. Mais, alors que je levais doucement les yeux vers lui, un petit détail attira mon attention. Oh, vraiment quelque chose de minuscule vous savez, mais la curiosité m’avait piquée. Mon regard fut attiré par deux petites perles, au loin, brillants dans l’ombre d’un rocher. Elles étaient très petites, mais d’une magnifique couleur émeraude. Je penchais à présent la tête, comme si cela m’aiderait à y voir plus clair. Ce n’était pas très proche, plutôt éloigné même je dirais, il fallait donc s’avancer encore un peu. Je dépassai ainsi Leï'Daen, qui, interrogé, me suivait d’un regard rempli d’incompréhension.

« Et ça, là-bas… Qu’est-ce que c’est ? »

Lui demandais-je d’une petite voix d’enfant émerveillée. Je continuais toujours de m’en approcher, d’un pas de velours, au risque de faire disparaitre cet étrange phénomène. Leï'Daen à son tour, leva les yeux en direction de l’objet de ma curiosité. Lui, plissa davantage les yeux, méfiant et peu confiant. Mais il était tout aussi curieux, simplement plus, sage, comme toujours. Il gronda gravement, comme pour prévenir. Et me prévenir, qu’il n’aimait pas trop ça visiblement. Il resta d’abord statique, le regard simplement rivé vers le phénomène, me surveillant également du coin de l’œil.

« Chibie… »

M’interpella-t-il alors. Mais je ne m’arrêtai point, je l’ignorai. Je continuais mon chemin, lentement. Il se leva alors à son tour, pour me suivre, continuant de gronder avec menace. Nous étions maintenant à quelques mètres, et toujours impossible d’identifier la chose. Leï’Daen trouvait cela de plus en plus louche, voir mauvais. Les deux billes scintillantes, étaient maintenant bien identifiables l’une de l’autre. C’était en fait deux pupilles. Un félin ? Caché dans la roche ? Leï’Daen s’arrêta. Il leva la tête pour humer l’air, tandis que je continuais de m’approcher, comme, absorbée, et appeler par cette chose. Je mis mes deux pattes avant contre le flanc d’une petite montée, sur laquelle était perché l’objet de toute notre curiosité. J’avançais ensuite mon museau, lentement, très lentement. J’étais très proche à présent. Ce n’est qu’alors que Leï’Daen comprit. Il gronda brusquement, un rugissement puissant et soudain.

« Chibie ! Eloignes-toi ! »

Trop tard… Le rugissement de mon camarade ne fit que donner le signal de départ au tueur. Je ne vis pas grand-chose, ce fut trop rapide. Mais, quelque chose bondit, depuis ce rocher. Je n’eus le temps que de voir, ces deux prunelles émeraude, surgir de l’ombre à une vitesse folle. Avec du recul, je me suis dit, que je connaissais déjà ces yeux-là. Je les avais déjà vues quelque part. Quelle bêtise que de ne s’en rendre compte que trop tard. Mais c’était un fait. Il était bel et bien trop tard. J’eus tout de même un sursaut, le réflexe de reculer, et de fermer les yeux, comme si cela pourrait m’éviter le triste destin qui m’attendait. Tout se passait tellement vite, j’avais pourtant l’impression que le monde tournait au ralenti, que je pouvais tout ressentir, et tout percevoir autour de moi. Les bruits alentour m’étaient sourds, et lents. J’entendais le cri de Leï'Daen derrière moi, qui se ruait lui aussi le plus vite possible sur moi. Il se jeta sur mon flanc, me poussant violemment vers la gauche. Malgré son action héroïque, le tueur ne manqua point sa cible.

Le tueur se glissa donc entre nos deux corps, à Leï'Daen et moi, brandissant son épée, prêt à faire couler le sang. C’était une épée maudite, maléfique. Une épée tueuse de dragons. Car… Elle trancha nos chairs. Je la sentis, découper les écailles de mon museau. Je sentis le froid, pénétrer dans ma chair, figer mon sang, et me saisir de douleur. Ce bruit de viande découpée, jamais je n’aurais pensé que cela pourrait venir de moi. C’était toujours les dragons, qui, de leurs crocs acérés, et de leurs griffes tranchantes, découpait et déchiquetait la viande. Aujourd’hui, les rôles étaient échangés, et je n’étais rien d’autre que la proie. L’acier me trancha la moitié du visage, éclatant également mon œil droit avec. La douleur fut atroce. Le sang gicla en un jet puissant et abondant. Et tandis que je chutais sur le côté, je hurlais de douleur. Un cri incontrôlé. Un cri d’agonie, qui raisonna à plusieurs kilomètres à la ronde. Je m’écroulais ensuite de tout mon poids sur mon flanc gauche, prise de spasmes devant une souffrance décidément trop grande, et trop dur à supporter. Je continuais de hurler, cherchant en vain à me relever. J’étais au contraire plutôt lamentable, à ramper au sol, donnant des coups de patte pour tenter de retrouver le sol, et mon équilibre. Je ne voyais plus rien. J’étais loin de réaliser, qu’à côté de moi, Leï'Daen lui aussi avait été touché. Il venait de me sauver la vie, prêt à donner la sienne pour ça. Lui, avait été tranché sur son flanc gauche. De sa passe avant, jusqu’à son encolure. Il avait fait bien moins de manières que moi, et c’était même déjà relevé pour affronter le tueur de dragons. Il boitait, certes, mais il tenait debout. Il se mit aussitôt face au danger, me protégeant ainsi en me gardant dans son dos. Il ouvrit en grand ses ailes pour se montrer imposant, et menaçant. Ensuite, il gronda comme je ne l’avais jamais entendu gronder. Il était prêt à l’affronter, à en découdre.

« Chibie… Chibie ! Lèves-toi ! Tu dois partir, vite ! Dépêches-toi, fuis ! »

M’ordonnait-il d’une voix grave et imposante. Mais c’est tout juste si je l’entendais. J’étais toujours clouée au sol, gémissant à présent de douleur, dans un râle d’agonie. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, ni même rien à ce qui venait de se passer. J’étais sous le choc, et complètement vulnérable. Pourtant il me fallait faire vite, car à côté de moi, le combat débutait entre le dragon et le prédateur. Leï'Daen se battait farouchement, et presque avec colère. Je l’entendais hurler contre son agresseur, tandis qu’il se débattait de ses assauts par des coups violents.

« Chibie ! Vas-t’en ! »

Me répétait-il, encore et encore, entre deux coups d’épée. Mais je n’avais qu’à lui offrir en réponse, que de vulgaires grognements sourds, et parfaitement incompréhensibles. Je perdais beaucoup de sang, et je sentais mes forces me quitter peu à peu. Était-ce la fin ? Est-ce que c’est ça, la mort ? J’étais en fait bien loin d’être dans un état critique, je n’allais pas mourir. Mais je n’étais pas habitué à la douleur, ni même au choc physique et moral, d’une blessure infligée. J’étais en état de choc. Je perdis bientôt connaissance, provocant malgré moi, l’inquiétude folle de mon protecteur, à présent déconcentré dans son combat. Le reste ne dépendait plus que de lui à présent…





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Sephiroth
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MessageSujet: Re: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Lun 11 Aoû - 22:31:03


Sephiroth






Quand l'ombre frappe...

L’occasion était trop belle, et la cachette, parfaitement bien trouvé. Le prédateur était là, tapi dans l’ombre à guetter ses proies. Il attendait le bon moment pour bondir, pour attaquer. Les deux dragons ne semblaient même pas soupçonner sa présence ici, aussi proche d’eux. Sephiroth était prêt du but. Un jeu d’enfant, vraiment. Pourtant, voilà un petit moment qu’il n’avait pas participé à une partie de chasse ainsi bien faite. Il faut croire que son talent était bel et bien un don. Il était fait pour ça. Pour le meurtre, le sang, la tuerie et le massacre. C’était devenu son quotidien depuis maintenant de nombreuses années. A vrai dire, il avait toujours plus ou moins mené sa vie ainsi. Il prenait gout aux guerres, du temps de son service à la Shinra. Très tôt et très jeune, Sephiroth apprit à vivre, avec  le cri de ses victimes comme simple berceuse le soir, avant de s’endormir. Des dragons, il en avait tué un bon paquet également. Mais jamais provenant d’une race ancienne, ayants côtoyés les Cétras. Seraient-ils plus puissants ? L’argenté l’espérait oui. Cela pimenterait un peu les choses.

Les deux bêtes semblaient s’échanger quelques mots. Sephiroth les observait avec grande attention. La plus jeune semblait effrayée de tout, une proie facile. Son aîné s’évertuait visiblement à la rassurer, puisqu’elle finit enfin par sortir de son trou. On pouvait alors plus nettement voir la différence de taille entre les deux spécimens. La dragonne noire, était peut-être deux fois plus petite que l’Alpha. Elle était pourtant déjà bien grosse. Peut-être le père et sa fille ? Ça en avait tout l’air. L’Alpha était très prudent et attentif envers la plus jeune, signe qu’il lui accordait beaucoup d’importance. Il serait alors plus jouissif de tuer la femelle en premier. Sephiroth pourrait observer l’Alpha, se décomposer littéralement. Cela promettait d’être extrêmement divertissant.

D’ailleurs, une opportunité inespérée se présenta alors à l’argenté. La petite femelle semblait avoir aperçu quelque chose, dans la montagne de cailloux, dans laquelle Sephiroth s’était embusqué. Il semblerait que ce n’était nul autre que lui, mais pourtant, la dragonne ne semblait pas l’avoir directement reconnu. Elle s’avançait au contraire d’un regard curieux. Sephiroth restait parfaitement immobile, attendant son heure, et surtout, le bon moment. Elle était encore trop loin pour répondre à une attaque avec 100% de chance de réussite. Fort heureusement pour notre prédateur, la pauvre bête continuait d’avancer, ignorant totalement le danger qui se présentait à elle. Le cauchemar était prêt. Il avait les deux mains fermement refermées sur Masamuse, prêt à dégainer et faire couler le sang. C’est alors, que la bête se percha sur un amas de rochers, afin de porter son regard plus haut, plus près encore de ce petit trou où se nichait la mort en personne.

L’occasion fut trop belle. Dès que l’argenté aperçut le bout de son museau, il s’élança telle une flèche, lancé à pleine vitesse. Il bondit hors de sa cachette, sous les grondements inquiets du mâle Alpha. Celui-ci, dans un élan d’héroïsme, se jeta sur sa protégée, pour la pousser vers le côté, et tenter de la sauver de cet assaut. Mais c’était déjà trop tard. Sephiroth élança en grand la portée de Masamune, jusqu’à son maximum. La lame de l’épée trouva très rapidement la chair de ses victimes, et au lieu d’une victime, ils étaient même à présent deux. Toute la partie droite du museau de la femelle, fut entaillée profondément. Son œil éclata, dans un jet de sang précieux. La portée de Masamune continua sa trajectoire jusqu’à la seconde victime, le mâle. Celui-ci c’était élancé cœur perdu dans la gueule du loup, poussant sa protégée violemment, au risque d’y laisser sa vie. Ce n’était d’ailleurs pas passé loin. C’est sa patte qui prit tous les dommages. Sinon, c’était droit au cœur, que Masamune venait se planter.

Les deux bêtes retombèrent lourdement sur le sol, tandis que Sephiroth termina sa course quelques mètres plus loin, retombant élégamment sur le sol, l’allure droite et fière. Son sourire était sadique, mais aussi hautement satisfait. Le bel argenté glissa sa main libre sur le bas de son visage, pour s’essuyer de cette texture étrange, qu’était le sang de dragon. Il avait une belle couleur, une couleur noble, comme lui. Ce n’était pas temps pour s’essuyer à vrai dire, c’était plus pour contempler la splendeur et la réussite de son attaque. Il était d’ailleurs presque entièrement recouvert de sang, et cela ne le gêna pas plus que ça. Il resta un instant dos à ses proies, preuve d’une grande assurance, et d’une certaine hautaineté. Puis, il leur fit de nouvelle face. Du moins, il faisait face à l’Alpha, qui c’était mis en position de combat, devant sa progéniture, prêt à la protéger, coute que coute. S’en était presque touchant… L’animal grondait farouchement. Une mise en garde, qui n’impressionnait nullement notre cauchemar. Sephiroth était parfaitement calme, pas du tout intimidé. Il plongea son regard dans celui du dragon, avec un air de défi. « Montre-moi ce que tu as dans le ventre. », on pouvait l’interpréter ainsi. Mais aucun mot ne fut échangé entre les deux adversaires. Ils se jetèrent littéralement l’un sur l’autre, le dragon en premier.

La puissance de l’animale était phénoménale. Dans les premiers assauts, Sephiroth dut se contenter d’esquiver, ou de parer les crocs, les griffes, du noble dragon. La bête se déchaînait, faisant tout pour éloigner le prédateur de la jeune femelle. Voilà surement quelle était sa stratégie. Pour l’instant, cela fonctionnait plutôt bien. Mais l’animal finirait par se fatiguer. Sephiroth, non. C’était un manœuvre risqué, mais le dragon n’avait visiblement pas d’autre choix. La petite femelle était dans les vapes plus loin, surement affaibli par l’attaque surprise. Il était pourtant très facile pour Sephiroth de bondir au-dessus de l’Alpha, et d’aller porter le coup fatal à la femelle, mais l’argenté préférait attendre. Il préférait voir sa victime se fatiguer, s’épuiser, devenir impuissant devant l’inévitable. C’était plus cruel ainsi, et tellement mieux pour notre homme. Sephiroth s’amusa même à le provoquer.

« J’en attendais plus d’un dragon descendant des Cétras. Je m’ennuie. Montre-moi ce que tu vaux vraiment. »

Mais le dragon était sage, et réfléchit, pourvut d’une grande intelligence, et il ne se laissait pas si facilement avoir par les provocations de son adversaire. Il stoppa même ses assauts répétés, pour revenir se positionner en garde, devant la femelle, toujours inconsciente. Il en profita pour la bousculer légèrement, l’obligeant à se réveiller. Mais il gardait toujours un œil attentif sur les mouvements du Soldat en face de lui.

« Tu ne peux pas la sauver. Vous allez tous les deux mourir, aujourd’hui. »

En simple réponse, l’animale grogna, surement de manière négative, pour contredire les affirmations que portait son prédateur à leur égard. Sephiroth sourit alors de plus belle. Ce qui lui plaisait le plus dans tout ça, c’est de pouvoir observer, dans le regard de ses victimes, cet acharnement à la survie. Survivre à tout prix, protéger à tout prix. Cette flamme intense était d’une telle puissance. Il n’y avait rien de plus beau pour Sephiroth, que de l’arracher, et briser toute la personne qui s’opposait alors à lui. Voir alors autrui se décomposer, était quelque chose de vraiment satisfaisant pour Sephiroth. Etait-ce là, dans le fond, un agissement de pure vengeance ? On pourrait peut-être penser, voire croire, qu’il agissait ainsi parce qu’il avait lui-même subi le même sort auparavant. La vie simple, et le bonheur des autres, le rendait peut-être tout simplement jaloux, le mettait hors de lui. Pourquoi les autres devraient-ils couler des jours tranquilles, tandis que lui devait souffrir tout le long de sa vie ? Ce n’était pas juste. Cette cruauté était probablement issue de là. Toujours est-il qu’il prenait son pied à détruire la vie des autres. Lire la souffrance, et la peine, sur le visage des autres… Voilà ce qui lui faisait se sentir vivant.

L’affrontement se prolongea encore longtemps. Sephiroth fut le prochain à attaquer. L’Alpha défendait sa position avec acharnement, progressivement épuisé à force de lutter, contre des assauts toujours plus rapides, toujours plus puissants. L’argenté sentait son adversaire faiblir, et il s’y donnait plus encore à cœur joie, sans jamais porter le coup final. Il aurait pu, de nombreuses fois. Mais il préférait jouer avec. C’était plus stimulant.

Toutefois, ce jeu devait bien se terminer tôt ou tard. Sephiroth non plus n’avait pas que ça à faire. De plus, Jenova attendait son retour avec certainement beaucoup d’impatience. Un retour couronné de succès, il n’avait pas le choix. Maintenant qu’il tenait les deux dragons, il fallait en finir. Dès lors, l’attitude de Sephiroth se mit à changer, considérablement. Finit de jouer, il fallait passer aux choses sérieuses. L’Alpha était à présent bien exténué, il n’avait plus grand-chose à donner, et pourtant, il continuait de lutter avec ardeur. Les deux adversaires se retrouvèrent de nouveau face à face, les yeux dans les yeux, tous deux aussi déterminé que l’autre à en découdre. Une chose étonnante se produisit alors. Le dragon se mit à parler. Il échangea quelques mots avec son agresseur. Des mots très calmes, reflet de la quiétude naturelle de l’animale.

« Vous, les partisans de Jenova… Vous êtes bien triste à voir… Il n’y a plus une seule once de vie dans votre regard. Pas étonnant que la mort ne  signifie rien pour vous. Pour nous autres, descendants d’une grande et noble lignée, il en est tout autre. La mort a quelque chose de symbolique. Elle est toujours vécue comme un sacrifice… Je suis prêt à faire ce sacrifice aujourd’hui, si cela doit s’en terminer ainsi. »

Sephiroth sourit d’abord avant de répondre. Un sourire mauvais, sadique, remplit de cruauté. C’était comme si le dragon s’avouait déjà vaincu. Il sentait la puissance renversante de son adversaire, pourtant, il était prêt à donner sa vie pour protéger celle de sa femelle. Voilà qui était très honorable de sa part. Mais Sephiroth se chargea rapidement de le ramener à la réalité.

« Ton sacrifice sera vain… Je la tuerais aussi, une fois que j’en aurais fini avec toi. »

« Je ne suis pas encore mort, alors prépares-toi, et viens ! Bats-toi ! »

Il ne fallut pas le dire deux fois. Le combat final se lança. Le dragon avait encore la force de bien se défendre, et de défendre la femelle. C’était une bête coriace, à la hauteur de sa réputation. Un bon combat pour Sephiroth, conclut-il. Le cauchemar lui, avait encore toute sa forme, et sa force. C’est alors que, sans prévenir, il se téléporta à plusieurs reprises, à des endroits aléatoires autour de l’animal, ayant pour but de le perdre, de le duper. Et c’est ainsi que, tandis que l’animal se tourna d’un côté, Sephiroth lui, apparut de l’autre. L’animal ne s’en aperçut que trop tard. Sa seule, et dernière réaction, fut d’ouvrir de grands yeux. Pas totalement surpris, simplement crispés, comme pour se préparer à une douleur imminente.

Le geste fut précis, d’une rapidité époustouflante, et d’une précision indiscutable. Masamune fendit le buste du puissant dragon, remontant jusqu’à son cœur, qu’elle vint percer d’une douleur mortelle. Le sang ne gicla pas, mais coula à flots, formant une immense flaque argentée aux pieds de l’animal, agonisant dans son dernier souffle. Il fixait toujours Sephiroth, intensément, alors que la lumière quittait pourtant progressivement son regard. C’était à donner froid dans le dos. Pourtant, il y avait une certaine grandeur dans ce regard. Une noblesse sûre, une sagesse renversante. C’était doux, et à la fois triste. Sephiroth lutta contre ce regard, s’efforçant de rester parfaitement impénétrable. Mais le regard de l’animal était puissant, et surtout, lourd de sens. C’était un jugement. Un jugement d’une créature pratiquement divine, qui s’éteignait à présent dans la violence et le sang, après un massacre gratuit. Le souffle du grand dragon ralentit peu à peu. Ses yeux se refermèrent lentement, très lentement, tandis qu’une larme pailletée courait le long des écailles brillantes. C’était une scène remplie d’émotion. Sephiroth retira finalement Masamune, après que la bête est rendue son dernier souffle. Le cadavre s’écrasa sur tout son long sur le sol, écoulant plus de sang encore. Sephiroth n’aurait jamais pensé ressentir quelque chose au travers de cette mort. Pourtant, quelque chose bousculait son esprit. Quelque chose d’étrange, de bizarre, qu’il n’arrivait pas à identifier. Il resta scruter le dragon mort longuement, pas par tristesse non, il n’en avait aucune, mais plus comme un recueillement. Plus comme pour finaliser, et officialiser la tuerie qu’il venait d’organiser. L’Alpha était mort, et avec lui, la chance de voir d’éventuels descendants de cette race ancestrale. Toute son espèce s’en était allé avec lui aujourd’hui. Toute, ou presque…

La femelle était toujours là, un peu plus loin, toujours vivante. Sephiroth finit par tourner le regard vers elle. Elle était encore inconsciente. Si Sephiroth était un tueur, ce n’était pas un lâche. Il tuait toujours de manière fair-play. L’achever alors que la pauvre n’était même pas consciente, n’était pas du tout fair-play. Il s’en approcha finalement, lentement, contournant son corps pour venir se poster devant son museau. Il posa un pied sur le bout de ses nasaux, penchant alors la tête pour observer le magnifique animal endormit. Sephiroth se fit alors une réflexion. La dragonne avait quelque chose de différent comparé à son ainé. Le Jenova était nettement plus présent en elle, et semblait avoir une influence de même plus grande. C’était quelque chose de fortement intéressant, qui donna de nombreuses idées à notre cauchemar. Mais pour l’heure, il devait d’abord attendre que celle+-ci se réveille. Sa blessure était vilaine à voir, elle perdait beaucoup de sang, cela risquait de rapidement s’infecter. Toutefois, pour l’heure, ses jours n’étaient pas en danger. Enfin, si l’on oubliait le fait qu’un tueur sanguinaire se tenait là, juste au-dessus d’elle. Si Chibie voulait avoir une chance de s’en sortir, il valait mieux pour elle qu’elle se réveille, et vite… Son compagnon n’était plus là pour la protéger désormais. Elle était seule. Totalement seule…  


......






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MessageSujet: Re: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Jeu 14 Aoû - 20:35:44



Quand l'ombre frappe...


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Depuis combien de temps, étais-je allongée là ? Inconsciente, souffrante, alors que mon camarade se battait juste à côté de moi, luttant pour nos vies. Lui aussi était blessé pourtant. Lui aussi avait probablement la même intolérance que moi vis-à-vis de la douleur. Mais il avait pris sur lui, et s’était fièrement relevé, pour affronter celui qui venait du Nord. Celui qui venait nous tuer. Dans les méandres de mon inconscient, je reconnu au moins son identité. Je me souvenais de lui. Je l’avais aperçue au cratère Nord, lors de notre fuite de ce même lieu, après notre réveil. Ses longs cheveux d’argent m’avaient interpellé. Les mêmes que Jenova. Son regard avait quelque chose de menaçant, de terrifiant. Il ne fallait pas être dupe pour remarquer un lien très étroit entre Jenova et ce... Ce monstre. Si les êtres humains étaient déjà de base, ignobles. Lui… Lui il était encore pire. Il n’y avait que cruauté et méchanceté en lui. Plus aucune trace de raison n’habitait son esprit. Il était tout simplement rongé par le mal. Oui, je me souvenais de lui, pour l’avoir pourtant seulement aperçu. Mais ce genre de rencontre, ça ne s’oublie pas. Il me faisait peur, très peur. Peut-être même plus que Jenova. J’éprouvais de la haine envers Jenova, ce qui pouvait plus ou moins dissimuler la peur. Mais lui, cette, chose… Je ne la connaissais pas. Et pourtant, en quelques regards, il était devenu, mon pire cauchemar.

J’étais bien loin d’imaginer un seul instant, qu’il allait ruiner ma vie pour de bon, à jamais, et ce, en quelques secondes seulement. L’irréparable serait commis, et tout ça, sans même que je n’eus le temps d’intervenir. Car le combat qui faisait rage, juste à côté de moi, se déroulait justement sans moi. À deux, nous aurions peut-être pu le cerner, et le déchiqueter en mille et une pièces. Nous aurions peut-être eu une chance de lui échapper, comme la première fois. Mais au lieu de ça, je m’étais transformé en un fardeau, impossible à bouger. Un vieux sac ravagé par la douleur, agonisant dans un coin. C’était égoïste, en y repensant. Cet instant allait me hanter pour le restant de mes jours. Ce jour-là, Leï'Daen était mort, par ma faute.

Après un certain temps, impossible à définir, je repris finalement peu à peu mes esprits. J’ouvris d’abord le seul œil qui me restait. L’autre, continuait de me faire affreusement mal. L’hémorragie s’était arrêtée, mais je saignais tout de même encore un peu. Ma vision était trouble, voire floue. Les bruits autour de moi étaient très vagues, et lointains, comme des échos. Mais justement, le manque de bruits aux alentours était plutôt quelque chose d’inquiétant. Tout était plus ou moins parfaitement calme en effet. Il n’y avait pas de grondements agressifs, de bruit d’épée, ou de terre qui tremble, ou même de flammes jaillissantes. Il n’y avait rien de tout ça. Je trouvais cela d’abord très louche. Puis, je pris alors conscience que j’étais en vie. Qu’est-ce que cela pouvait-il bien signifier ? J’étais en vie. Leï’Daen avait-il gagné le combat ? Cela pouvait expliquer l’absence totale de bruit, ainsi que la raison de ma survie. Je mis à espérer, un bref instant. Je repris alors doucement mon souffle, afin de combiner mes forces et gérer la douleur. Mes naseaux évacuèrent un large nuage de fumé gris, et doucement, mon cœur reprit un rythme normal. Ma vision s’éclaircit, et mes sens  retrouvèrent peu à peu leurs fonctions.

C’est à cet instant précis, que je sentis quelque chose près de moi, tout près de moi. Ma vision m’indiquait d’abord, une ombre, encore floue, juste au-dessus de mon museau. Je sentais comme un contact, cette ombre me touchait. Je ne percevais pas encore de quoi il s’agissait, je ne comprenais pas encore. Mais au fur et à mesure que je me rétablissais, tout devenait progressivement clair. D’abord, je vis ces deux billes, émeraudes. Puis, cette longue crinière d’argent. Enfin, les formes apparurent, les traits de son visage, de son corps, se dessinèrent, parfaitement. La terreur me prenait toujours plus violemment au fur et à mesure que cette vision m’apparaissait. Plus en détails, je le vis recouvert de sang. Pas une trace de son sang en fait, c’était le sang de quelqu’un d’autre. C’était du sang de dragon. Lui, il souriait sournoisement, armée de son épée, qui brillait sous les rayons du soleil, dégoulinante de sang. Je me mis à trembler, ravagé par la peur. Je le fixais, droit dans les yeux, n’osant encore regarder ailleurs. Cet effroi glacial me ravageait tout entière et je ne pensais qu’à une seule chose : la mort. Pour moi c’était la fin. Je n’arrivais pas à penser à autre chose. Je ne réalisais pas. J’étais, tout simplement saisi. Pourtant… Il sembla malgré tout se désintéresser de moi, subitement. Il leva son pied de mon museau, en un petit soupire satisfait. Puis, dans un dernier regard, un dernier sourire, il se tourna dos à moi, s’éloignant de quelques pas. Je ne pouvais pas voir son visage, mais j’étais toujours persuadé qu’il souriait, avec méchanceté. Je ne compris pas la nature de son geste. Cela n’avait pas de sens, et j’avais encore bien trop peur pour oser bouger. Mais il ne semblait réellement pas vouloir me tuer. Ou du moins, pas pour l’instant. Alors j’en profitai pour détacher mon regard de sa silhouette, pour chercher mon camarade du regard. Il n’était pas bien loin de moi, à quelques mètres seulement, étalé sur le sol, baignant dans une flaque de sang. Il était sans vie, les yeux refermés. Il avait l’air paisible. Je sentis alors mon cœur s’arrêter de battre. Le souffle me manqua aussitôt. C’était comme, si je me déchirais de l’intérieur.  Une souffrance plus grande que la douleur physique m’envahit. Une boule serrée noua ma gorge alors que je voulais pourtant hurler, crier, jusqu’à m’étouffer. Mais rien ne sortait. La panique me gagna, et paradoxalement, je retrouvai une force nouvelle. Je me levai rapidement, trainant toutefois la patte. Je m’avançais vers lui, réussissant finalement à émettre de petits grognements pour l’interpeller.

« Leï’Daen ?... Leï’Daen ? »

J’étais à présent à côté de sa carcasse, encore chaude. Je me tenais droite devant lui, ne sachant plus ou regarder. Mes yeux, brillants de larmes, vacillaient à droite, puis à gauche, cherchant le moindre signe de vie. Je continuais de lui murmurer, de l’appeler. Mes grognements devenaient sourds, plaintifs. J’approchais finalement mon museau du sien, le poussant avec délicatesse à plusieurs reprises. Il ne se réveillait pas. Il ne se réveillerait jamais… Cette terrible réalité s’inscrit progressivement dans ma tête. Alors, une douleur envahissante brûla tout mon corps, jusqu’à mes entrailles. De chaudes larmes se mirent à couler à flots, le long de mon museau, tandis que je cherchais toujours la chaleur du sien. Une chaleur, qui s’estompait de plus en plus rapidement. Leï'Daen était mort, par ma faute. Il avait sacrifié sa vie, pour protéger la mienne. Je n’avais même pas eu le temps de le remercier, pour tout ce qu’il avait fait pour moi. Je ne l’avais jamais remercié. Je n’avais pas eu le temps de le connaitre, et je ne saurais à présent jamais, qui il était vraiment. Mais plus que ça, j’avais perdu le seul et dernier membre de mon espèce. J’avais perdu mon protecteur, mon ami. Le monde s’écroulait autour de moi. J’étais seule, devant cette horreur, complètement dépassé, bouleversé, ravagé. La douleur était trop grande, je la sentais m’envahir, me submerger. J’étouffais. Je serrais la mâchoire, à m’en faire saigner. Tous mes muscles étaient crispés de chagrin. Jamais je ne pourrais accepter une telle réalité. Jamais je ne pourrais vivre dans ce monde, sans lui…

La douleur était trop grande, et j’avais un besoin pressent de l’évacuer. Je quittais à présent mon museau du sien, pour lever lentement la tête vers le ciel, comme pour demander pourquoi… Cela ne suffisait pas. Alors je me mis debout sur mes pattes arrière, pour m’élever encore plus haut vers le ciel, déployant même mes ailes pour garder l’équilibre, et alors, alors… Je hurlai vers ce ciel devenu noir sous ma colère, brillant maintenant de mille éclairs bleutés. Je demeurais ainsi à hurler de longues minutes, ne parvenant pourtant pas à décharger tout ce chagrin qui me ravageait. Je pleurais à chaudes larmes, une crise de larmes qui n’en finissaient pas. C’était terrible, c’était horrible… Une fois que toutes mes forces furent épuisées, je retombais lourdement sur le sol, me rattrapant de justesse sur mes pattes avant. De nouveau, cette même vision s’offrait à moi, le corps sans vie de mon camarade, juste là, à mes pieds. Je secouais le museau, comme pour chasser ces images persistantes.

« Je suis désolée… Tellement désolée. Pardonne-moi ! Tout ça c’est de ma faute ! »

Lui disais-je, alors qu’il ne pouvait de toute évidence plus m’entendre. Je restai ainsi à le regarder de longues minutes, désespérées et anéanties. Qu’allais-je donc bien pouvoir faire à présent ? La vie ne semblait avoir plus aucun sens. Je ne savais plus quoi faire. J’étais, totalement désemparée. Pourtant, j’étais loin d’avoir oublié le meurtrier qui se tenait droit derrière moi. Au contraire, je ne pensais qu’à lui. Lui, l’auteur de cette tragédie. Je comprenais mieux à présent, pourquoi m’avait-il gardé en vie tout ce temps. Il tenait à ce que je vois ça, à ce que je souffre. Quel horrible monstre… Mais je n’avais pas le temps pour la colère, la haine. Pas maintenant. Oh elle viendrait bien assez tôt. Elle viendrait, ça oui, du moins, si je resterais en vie assez longtemps pour la voir venir. Mais ça aussi, ce n’était pas ma première pensée pour le moment. Pour le moment, je ne pensais simplement qu’à Leï'Daen.

À bout de forces, je décidais finalement d’abandonner toute lutte inutile. Je voulais simplement rester là, à ses côtés. Je vins donc contourner son corps, pour venir me poster près de son flanc ensanglanté. Je me baissais, pour finir par ramper, me glissant sous son aile et sous sa patte. J’étais blotti contre son ventre, caché par son aile tachée de sang. Je baignais moi dans son propre sang à présent, encore chaud et collant. Mais je m’en fichais, je n’y prêtais pas attention. Je fermais l’œil doucement, continuant de pigner, de petits bruits roques et successifs. Que pouvais-je bien faire d’autre ? Je n’avais nul autre part où aller, et sans lui, je ne voulais aller nulle part de toute façon. J’avais décidé de mourir à ses côtés. De mourir avec lui. Car maintenant, la vie n’avait plus aucun sens pour moi. J’avais perdu, tout ce qui me restait. Je n’avais plus aucune volonté de vivre. Alors, qu’il vienne, et qu’il nous tue tous les deux. De toute façon, sans Leï'Daen pour continuer mon chemin, j’étais condamnée d’avance.





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MessageSujet: Re: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Sam 16 Aoû - 13:04:21


Sephiroth






Quand l'ombre frappe...

Après quelques minutes d’attente, la dragonne avait enfin finit par se réveiller. Jusque-là, Sephiroth avait eu tout le loisir de la contempler, et contempler son œuvre. Plus loin, il observait encore la carcasse du mâle Alpha, se délectant de l’image de la femelle, bouleversée devant ce spectacle. Un large sourire étirait les lèvres du tueur. Satisfait, il s’apprêtait à passer à la suite de son "repas". Il se demandait encore de quelle manière allait-il la tuer. Son imagination ne manquait pas d’inspiration. Elle ne montrerait probablement pas la même résistance que son aîné. Alors, peut-être que la tuer dans une mort lente et douloureuse, serait probablement ce qu’il y avait de plus divertissant à faire. Elle avait qui plus est, tendance à fortement bien réagir à la douleur. Mais pour que tout cela prenne forme, il fallait déjà que la dragonne se réveille.

Lorsqu’elle ouvrit l’unique œil qui lui restait, Sephiroth demeura au-dessus d’elle, un pied posé sur son museau. Il n’avait aucune raison de s’inquiéter, cette bestiole était faible. La preuve étant que, dès que la dragonne le reconnu, elle s’immobilisa, dominée par la peur. De quoi raviver toujours plus la fierté du cauchemar. Cela ressemblait presque à une scène de soumission. Sephiroth adorait ça. Mais il n’avait pas plus de temps à perdre. Alors qu’il tourna le dos à la femelle, en s’éloignant, il lui laissa tout le loisir de contempler le cadavre de son ami, massacré quelques mètres plus loin. Ce fut un spectacle très rassasiant pour notre tueur, qui ne put s’empêcher de regarder la scène avec une certaine curiosité. Il pouvait sentir la souffrance débordante de l'animal. Il pouvait sentir sa peine, son chagrin, la douleur lui rongeant les entrailles. Tout cet amas de sentiments faisait naitre en Sephiroth quelque chose de jouissif. Il se sentait renaitre. L’air qu’il respirait, avait un gout plus frais, plus agréable. Il se nourrissait du malheur des autres. C’est ainsi, qu’il se sentait encore vivant.

Il prit le temps de laisser la dragonne se lamenter sur son sort, et sur celui de son camarade bien sûr. Elle avait l’air pathétique. Elle semblait même oublier le meurtrier qui attendait derrière elle, du moins, c’est l’impression qu’en avait Sephiroth, un peu égocentrique sur ce coup-là. Dans sa colère, l’animal fit même gronder la foudre au-dessus d’eux. Surement s’agissait-il de son élément type. C’était un spectacle assez impressionnant, et magnifique. Sephiroth sentait bien que malgré toute la faiblesse de la dragonne, elle cachait un certain potentiel. Une partie sombre habitait son être. Une force incontrôlable hantait l’animal, retentissant comme un appel aux yeux de Sephiroth. Cet animal était réellement intrigant. Mais, elle avait déjà fait son choix. Jénova n’était pas fan des deuxièmes chances. Le dragon avait choisi son camp, et il allait mourir pour ça.

Finalement, le calme retomba, après un bien long moment. Dévastée, la dragonne partie se réfugier sous le cadavre de son ami. Blottis contre lui, elle semblait avoir abandonné tout espoir de continuer. Il paraissait évident pour Sephiroth qu’elle ne serait pas en mesure de se battre contre lui. Il en était un peu déçu. Après avoir réfléchi à son approche, le bel argenté se mit à marcher en direction des deux dragons. Il marchait d’un pas élégant, fier, remplit d’assurance et d’un sentiment hautin. La dragonne l’entendit s’approcher, et malgré tout, elle se mit à grogner. Elle ne bougeait pas néanmoins. Voulait-elle simplement se montrer menaçante . Montrer les crocs pour tenter de rester un minimum crédible . C’était plus comique qu’impressionnant à vrai dire. L’argenté poursuit même sa provocation en venant se poster là, juste devant elle, à quelques mètres seulement de sa rangée de dents acérées. Toujours de son sourire presque charmeur, il se pencha légèrement en avant pour capter son regard.

« Alors, c’est ainsi que tu as décidé de mourir ? …En lâche ? Tu déshonneur le sacrifice de ton ami. Il est mort pour rien. Si tu avais fait preuve d’un peu plus de bravoure, peut-être serait-il encore en vie… »

Le sujet ne semblait pas plaire à la dragonne, qui se crispa aussitôt, intensifiant ses grondements. La provocation semblait plutôt bien marchée sur elle, le poids de sa culpabilité aidant très certainement ici. Amusé, Sephiroth continua donc.

« Allons, ce n’est pas de ta faute. Tu n’as pas choisi de vivre. Mais admets-le… Si tu n’avais pas été là, il serait encore en vie… Mais il n’en est rien, pas vrai ? Tout ça c’est de ta faute… Alors, qu’attends-tu pour le venger, et honorer sa mémoire, ainsi que son geste ? Tu comptes rester là, à attendre la fin… Tu n’es pas digne de son sacrifice. Tu ne vaux rien… »

Le bel argenté adopta ensuite une attitude de dégout envers l’animal. Il secoua doucement la tête pour exprimer son désarroi. Il fit mine d’être désintéressé, et tourna même le dos à son adversaire. Il la considérait d’une telle indifférence. La poussait à bout devant ses responsabilités, et son attitude contraire aux valeurs qui lui avait pourtant été enseignée. Sa provocation n’avait pas de limite. Il allait la harceler, jusqu’à ce qu’elle réponde. Il avait de la patience pour ça.

« Tu es pathétique… Tu n’as rien d’un grand dragon de ton espèce… Tu apportes la honte sur ta race et tes anciens… Tu n’es pas digne de me combattre, ni même de périr héroïquement sous ma lame. Meurt, seule, en chienne que tu es. »

Enfin, les mots de Sephiroth firent réagir l’animal, maintenant enragé. La provocation avait fait de son effet. La bête surgit de sa cachette, en un bon puissant, ouvrant sa mâchoire, prête à venir croquer d’un seul coup de dent, cet assassin décidément trop cruel. Sephiroth disparut néanmoins avant que les crocs de la dragonne ne l’atteignent. Il se téléporta, plus loin, en un rire sadique et moqueur. Caché à présent dans les roches alentour, il continuait sa petite provocation, visant à pousser à bout l’animal, qui remuait la tête dans tous les sens, à la recherche de son adversaire.

« Nous y voilà… La colère. La haine… Laisse là t’envahir progressivement. Ressent son pouvoir immense et destructeur. Voilà ce que tu es vraiment. Un monstre sanguinaire, que plus rien ne peut arrêter désormais. »

La haine avait surpassé la peur, et le chagrin. C’était un sentiment très puissant, qui pouvait, malgré ce que l’on en dit, faire des prouesses. Là en l’occurrence, donner le courage à cette dragonne, de surpasser ses peurs pour se livrer à un combat mortel. Car la haine, c’était aussi ça. La mort. Contre sa propre volonté, la colère de la dragonne la dénaturait de toute lucidité. Elle perdait tout ce qui faisait d’elle un être noble, et sensé. Elle devenait une autre personne, méconnaissable, monstrueuse. Sephiroth ne se fatiguait pas de ce spectacle. Il comptait bien voir jusqu’où ce monstre pouvait-il aller dans sa frénésie. Malgré tout ce qui venait de lui arriver, la bête débordait d’une énergie nouvelle, et meurtrière. Un plan tout préparé, et soigneusement calculé par notre cauchemar expérimenté. Le vrai combat pouvait enfin commencer.



......






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Chibie


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MessageSujet: Re: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Jeu 11 Sep - 23:22:25



Quand l'ombre frappe...


Chibie




Il faisait chaud… Vraiment chaud. Trop chaud pour que tout ça soit vraiment réel. Pourtant, je n’entendais plus le cœur de Leï’Daen battre à mes côtés. Je ne sentais plus son souffle protecteur, me réconforter dans mes peurs. Tout ça ne ressemblait qu’à un cauchemar. Le même cauchemar, qui se répétait sans cesse. J’étais maudite… Cela ne pouvait-être que ça. Ainsi donc, tous ceux trouvant place à mes côtés, sont condamnés à mourir… Tout ce qu’il restait à la fin, c’était du sang. Toujours plus de sang. Un sang chaud, presque brûlant. Brûlant de douleur mon pauvre petit cœur encore si faible, mais déjà meurtrit. Je fermai les yeux, tentant d’ignorer l’assassin qui jouissait de notre sort à Leï’ et moi, simplement à quelques mètres de nous. Je fermais les yeux, et je tentai de me remémorer. Je voulais revoir ma terre, mes ancêtres, mes parents. Je voulais les revoir, juste une dernière fois. Le temps de leur dire adieu. Le temps de les remercier pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Remercier ma mère, de ses milles caresses. Remercier mon père, pour ses précieux conseils. Mais ce n’était pas possible. Plus rien n’était désormais possible pour moi. J’étais définitivement perdue, c’était la fin. D’un autre côté, je me sentais soulagée… J’allais bientôt les rejoindre, papa, maman, Leï’Daen. J’allais les retrouver, et regagner la planète comme tous les défunts de ce monde. J’allais trouver le repos éternel. Peut-être était-ce finalement ce qu’il y avait de mieux pour moi. Il y a quelques jours encore, je me disais apeuré par la mort. Je ne me croyais pas prête. Mais tout compte fait, ce n’était pas si difficile que ça, d’abandonner. De tout abandonner. De se laisser aller par le désespoir. Arrêter de croire, arrêtez de se battre. Oui, finalement, ça faisait plutôt du bien…

Puisqu’il en est ainsi… Aller, il est temps. Approche, immonde créature, et vient prendre ma vie de tes mains ensanglantées. Viens m’arracher ce dernier souffle qui peine à sortir, et qui m’oppresse encore de mille douleurs, physiques et mentales. Je ne veux plus souffrir. Je ne veux plus avoir mal. Je ne veux plus voir ces images, qui défilent dans ma tête, transperçant ma poitrine d’un poignard encore chaud. Viens, misérable chose sans identité, sans fierté, sans âme… Viens me chercher, et soulage de ce poids qu’est la vie.

Pourquoi est-ce si long ? J’ouvre les yeux, je l’observe, je le regarde. Il fait son malin. Il fait durer le massacre. Il me pousse à bout, veut jouer avec ma patience. Cet homme est cruel. Il est comme Jénova. A vrai dire, c’est Jénova elle-même que je vois dans ses yeux. Oui, c’est ce monstre-là qui baigne au-delà de ce regard hautin. Jénova… Son nom provoque en moi des frissons désagréables. Je sens la rage brûler mon cœur. Jénova… Je répète son prénom, encore et encore… Jénova… Celle qui a détruit ma vie, mon monde, mon époque et ma race… Jénova… Source de tous malheurs… Jénova… Celle qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui… Celle qui a tué ma mère.

Contre toute volonté, son petit jeu commence à prendre effet sur ma personne. Il touche les points sensibles. Je sens encore ces larmes chaudes ruisseler le long de mes écailles. Je suis faible, je le sens, je le sais. Il me le répète. Je le sais. Je sais, tais-toi… Tais-toi ! Sors de ma tête ! Arrête de me torturer. Je ne suis pas comme toi ! Je suis descendante d’une grande lignée, que tu n’as pas le droit d’insulter ! Pourtant, pourtant il a raison… Il a raison. Je ne leur fais pas honneur. Je suis faible. Je ne combats pas. Pas comme mon père, alors que la même menace se dresse devant nous, hier comme aujourd’hui. Mais que sais-je ? Ils sont tous morts… Ils sont morts pour moi… Il a raison, je ne fais pas honneur à ma famille, aux sacrifiés, aux cétras… Non. Non je ne veux pas être cette personne-là. Mais une voix crie dans ma tête. Elle me hurle, laisse-toi aller. Accepte qui tu es. Mais qui suis-je vraiment ? Ou se trouve ma place ? Que dois-je faire ? Qu’est-ce qui est bien, qu’est-ce qui est mal ? Je ne sais plus… je ne sais plus rien ! Je ne sais pas quoi faire ! Plus personne n’est là pour me guider ! Je suis seule. Il n’y a, que cette voix obscure, logé dans mon esprit. Elle me murmure vicieusement des abominations, ce que je suis, et où se trouve ma place. À ses côtés ? Vraiment ? Ma place, mon destin, serait-il similaire à celui que j’ai en face de moi ? Je reste un instant à réfléchir. Tant de choses se bousculent dans ma tête. Je suis perdue, apeurée, sous le choc. Mais il ne me laisse pas une seule seconde de répit. Il continue à me harceler, de me pousser à bout, de m’insulter, et de déshonorer la mémoire de ma famille, et celle de Leï'Daen.

Leï’Daen… Il est mort, à cause de moi. Vais-je en rester là ? Vais-je partir aussi lâchement, en refusant simplement de me battre, parce que je suis trop faible ? Non, je vaux mieux que ça. Leï’Daen aussi vaut mieux que ça. S’il est mort, ça sera pour un noble dragon, une héritière de pur-sang, et non pour une lâche, qui dénigre toute responsabilité. On ne m’a pas éduqué comme cela. Je dois faire honneur aux miens, je dois, combattre la calamité des cieux, comme tous les autres avant moi. Je dois, me relever, et en finir. Je vengerais les miens, je vengerais Leï’Daen, ou bien, périrais en essayant de l’avoir fait, mais, quoi qu’il arrive, ceci… est un combat à mort !

S’en est trop, je me jette sur lui, libérant à présent une rage nouvelle, celle de la volonté de combattre. Je donne tout ce que j’ai. Bien que ce ne soit pas grand-chose. Mais je n’abandonne pas, je ne défatigue pas. Il a raison. La haine, la rage, c’est fou quelle puissance elle accorde. Je la sens me ronger de l’intérieur. Je la sens me submerger, prendre progressivement le contrôle. Je ne réfléchis plus, j’enchaine les assauts. Mais mon adversaire est préparé à cela, cela fait partie de sa stratégie, depuis le début. Qu’importe, je veux juste le toucher, le tailler en pièces. Mais je n’y arrive pas ! Il bouge trop vite ! Je ne sens pas la douleur lorsque son épée transperce mon épaisse armure noire. Pourtant, je saigne, je saigne beaucoup. Je ne voie rien, je fonce. Il me repousse, assaut après assaut. Il m’envoie m’écraser contre la roche. Il me brise les os, les uns après les autres. Il découpe ma chair, et fait couler mon sang. Malgré tout, je ne m’arrête pas, je continue. Je suis épuisée, mais la rage est toujours là, et c’est elle qui me tient debout. Cette petite voix me redit, abandonne, laisses-toi aller. Mais je ne peux pas, je ne veux pas. Instinctivement, je jette de nouveau l’assaut. Il est trop tard lorsque je comprends que mon esprit me joue des tours. Cette petite voix, me pousse à faire le contraire de ses dires, pour m’envoyer directement sur le danger. Qu’est-ce qui m’arrive à la fin ? Pourquoi même mon esprit, se dresse contre moi ? Que dois-je faire, qui dois-je écouter ? Leï'Daen, dis-moi quoi faire ! Je t’en prie ! Quelqu’un, aidez-moi !

Je prends le temps de hurler un dernier grondement d’agonie pour traduire mon désespoir. C’est la fin, je le sais désormais. Je n’ai pas eu le temps de le voir venir. Trop occupé à lutter contre moi-même, mon agresseur en profite. Il se rut sur moi. Le choc est violent. Il y a une explosion. Je ne voie plus rien, je ne sens plus mon corps, je sens simplement le vide. Le vide ? Sous le choc de l’attaque, la falaise s’est en effet décrochée sur plusieurs mètres. Des montagnes de roches tombent ainsi dans les flots déchainés, plus bas. Je tombe moi aussi. Mais je n’ai pas la force de déployer mes ailes, elles sont brisées de toute façon. Tout est brisé. Je ne vois presque plus rien, seulement la lumière du ciel qui s’éloigne peu à peu. Une tache sombre orne ce décor. C’est lui, il m’observe depuis le bord. Je ne le vois pas, mais je sens son sourire. Je sens sa satisfaction… Cette ombre s’éloigne elle aussi, jusqu’à disparaitre. Jusqu’à ce que tout disparaisse.

C’est le noir… Le noir complet. Il faisait chaud tout à l’heure. Maintenant il fait froid. Il fait horriblement froid. Je manque d’air, je m’étouffe. Je suis secouée d’un bord à l’autre, je n’arrive pas à savoir ce qui se passe. Est-ce que je suis toujours en vie ? Je ne sais plus trop, je ne sens plus mon corps, pourtant j’ai froid… Il fait noir, tellement noir. J’ai peur, pour changer… Je crois rejoindre le paradis. Un rêve s’illumine à moi. Je vois la rivière de la vie. Ça y est. J’y arrive. Une main m’est tendue. C’est étrange, il s’agit d’une humaine. Elle a un regard doux, très tendre. C’est une humaine et pourtant, il y a quelque chose qui m’est familier chez elle. Un appel du sang. C’est une Cétra. Je le sens. Elle a de magnifiques yeux émeraude… comme ceux de ma mère. Je ne voie plus que ça, ce vert réconfortant, dans ce dernier instant, ce dernier souffle de vie. Je m’endors sur cette vision, et pense alors, ne plus jamais me réveiller. Mère… Père… Leï'Daen. J’espère ne point vous avoir déçue.

Je suis fille d’Arkham, et c’est en noble dragon, que je quitte ce monde…




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MessageSujet: Re: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Ven 12 Sep - 17:54:12


Sephiroth






Quand l'ombre frappe...

La dragonne avait foncé tête baissée sur son adversaire, sans prier garde. Elle se déchainait, sans technique de combat particulier, c’était le chaos. Elle devenait ainsi une proie facile, dont les mouvements étaient faciles à anticiper. Mais, Sephiroth était d’humeur joueuse aujourd’hui. Il serait bien trop ennuyant d’achever la bête tout de suite, après tout ce chemin, et tout ce temps passé à les chercher. Il fallait faire durer le plaisir, durer la tuerie. C’était là la récompense de plusieurs semaines de traque. Cette partie de chasse fut fortement intéressante pour le prédateur, qui n’avait pas voyagé ainsi depuis plusieurs mois. Les terres tristes du cratère nord commençaient à le fatiguer. Notre homme n’était pas un passif, c’était un tueur, un homme d’action. Il devait couronner cette mission de succès, pour mériter la chance d’être convoqué à d’autres missions après celle-ci. Cela semblait plutôt bien parti jusque-là. Le mâle alpha était mort, et la petite dernière ne serait pas difficile à terminer. Pourtant, il y avait là bien autre chose que le jeu, dans cette volonté de garder la dragonne en vie. Sephiroth sentait émaner de cette dernière, une force familière, dont il pouvait peut-être tirer profit. Cette dragonne portait les marques de Jenova en elle. L’argenté sentait se manifester en elle, un désir de destruction, ce petit quelque chose d’incontrôlable, qui faisait là, bien tout son intérêt.

La dragonne était indomptable, elle se battait sans raison, cela se lisait dans son regard. Mais sa volonté était inébranlable. Pourtant, l’argenté n’y allait pas de mainmorte. Dès que celle-ci lançait l’assaut, en se ruant corps et âme sur son adversaire, celui-ci esquivait habilement l’attaque, lui donnant en retour quelques coups d’épée, finement calculés, pour blesser sans jamais tuer. Elle se relevait alors toujours enragé, et recommençait. Sephiroth lui brisa deux pattes, lui broya les épaules et les ailes, fit couler son sang abondamment, mais elle semblait libre de toutes douleurs. La dragonne était entaillée de partout. Elle qui était vierge de toute cicatrice en naissant dans ce monde, voilà qu’en quelques secondes, elle en était couverte autant qu’un vétéran de son espèce. Elle garderait à jamais ce combat gravée dans sa mémoire.

« Regarde-toi. Tu n’es qu’une bête monstrueuse… Ignoble, et sanguinaire. Ta place n’est pas auprès des hommes, que tu méprises. Accepte ton sort, et ce que tu es. Il est temps de servir ton véritable maitre… De servir une véritable cause, et de purger ce monde de la présence des hommes… »

Tous ceux qui ont un jour reçu des cellules de Jénova, sont un jour ou l’autre, sensible à une espèce d’appel. C’est un sentiment puissant, qui ravage votre raison, vos sentiments, et votre sens de la réalité. Il n’y a alors plus que ça qui compte. Cette voix dans votre esprit, qui guide vos pas et vos actions. Vous êtes enrôlés, sans vraiment vous en rendre compte. C’est plus fort que vous, ça semble même, presque naturel. Une vérité se dresse devant vous, et vous en fait votre nouvelle raison de vivre. Vous abandonnez tout ce qui vous rend faibles : les sentiments, les émotions, les souvenirs… Tout ce qui est susceptible de troubler votre esprit. Alors, alors vous pouvez accéder à la véritable force. Vous devenez invincible. Plus rien ne peut vous arrêter. Plus rien ne peut vous perturber. Cet appel, cette force, c’est celle de Jenova, qui vous fait don de sa grandeur, et de sa suprématie.

Un jour ou l’autre, la dragonne elle aussi succomberait à cet appel. Un jour ou l’autre, elle tomberait dans les griffes de l’alien. Sephiroth le savait. Il le sentait. Car cette petite, était bien trop fragile pour résister indéfiniment. Il le comprit en la regardant se battre. En regardant toute cette rage l’envahir et éteindre sa raison. Il se voyait presque en elle, il y a de ça des années. Oui, cette petite chose était prometteuse. Il en était désormais certain. Aussi, prit-il une importante décision. Une décision qu’il aurait peine à expliquer à sa mère, mais qui s’avérait avantageuse, sur le long terme. Chibie ne mourrait pas aujourd’hui… Ni demain. Non, elle était destinée à de grandes choses. A de grands projets. Sephiroth épargnerait sa vie pour l’instant. Mais malgré tout, il lui fallait la certitude que son plan prendrait un jour effet. Aussi, s’arrangea-t-il pour implanter sa marque en l’animal… Un venin, que Jenova elle-même lui avait transmis avant cela. Ainsi, tôt ou tard, Chibie finirait par sombrer. Elle ne pourrait plus lutter, et n’aurait d’autres choix que de s’abandonner aux pouvoirs de la Calamité des Cieux…

Au cours du combat, L’argenté réussit à attraper la gueule de l’animal. Il plongea sa main dans le creux béant ce celle-ci, parsemés de crocs tranchants, ce qui ne manqua pas de le blesser, mais c’était volontaire. Le sang du Cauchemar se mêla à celui du dragon, et doucement, la transmission put avoir lieu. Mais comme cela n’était certainement pas suffisant, Sephiroth fit jaillir de son bras coincé, une épaisse poussière noire, que la bête n’eut d’autres choix que d’inhiber. Elle grondait de souffrance, saisit de picotements, de brûlure qui la ravageait de l’intérieur.

Elle réussit finalement à se dégager, repoussant son assaillant à plusieurs mètres de là. Mais dans son élan, elle chuta sur le rebord de la falaise, provoquant un sourd grondement. Le sol se mit à trembler. Sephiroth comprit. Il sauta plus loin encore, à l’intérieur des terres, tandis que la falaise commençait à se détacher lentement. Une fois haut perché, il se fixa au-dessus de la mer, l’horizon bien à lui. Il resta observer le spectacle avec satisfaction. Un sourire vicieux ornait son visage, celui d’un plan accomplit. La bête chutait vers les flots, dans des cris d’agonie et des montagnes de cailloux. Cela faisait triste à voir, mais pas pour Sephiroth, qui semblait ravit au contraire. La bête disparue finalement dans l’étendue des flots déchainés. Seul une masse noire en train de couler, pouvait encore se distinguer depuis la surface. L’argenté demeura planté là de longues minutes, observant les fruits de son  travail. Le temps se gâtait pourtant. Un orage approchait, comme pour laver la scène de crime. Mais rien ne semblait troubler la concentration du Soldat, qui se recueillit même à la mer.

« Léviathan… Viens à moi et obéit moi… Il me la faut vivante. Je te confie cette tâche. Ne me déçois pas… »

À ces mots, l’élégant guerrier s’en retourna, dos à la mer et à ses crimes. Pas un seul regard à l’égard du corps gisant encore non loin de lui. Il n’en avait cure. Son travail venait d’être achevé, couronné de succès. Il avançait, d’un pas calme, sinon presque tranquille, l’air serein. Il était temps de rentrer à présent. Temps d’annoncer, la bonne nouvelle à sa grande Reine.

« Mère sera fière de moi… »

Pensa-t-il tout bas, tandis que les premiers coups de tonnerre venaient de rugir dans le ciel…





THE END


......






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MessageSujet: Re: Quand l'ombre frappe... [PV: Leï'Daen et Chibie] FINI   Aujourd'hui à 5:09:44

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